Manchester by the Sea ****

25 novembre 2016

La vie de Lee Chandler (Casey Affleck) est bouleversée lorsque, à la suite du décès de son frère, il se retrouve avec la garde légale de son neveu adolescent.

Réalisateur : Kenneth Logerman | Dans les salles du Québec le 25 novembre (Métropole)

Le deuil est un sujet risqué au cinéma. Il requiert en effet un acteur de talent, capable d’énormément de subtilité, pour traduire en images tout le remous psychologique d’une existence dévastée par la perte d’êtres chers. Casey Affleck possède un tel talent. Sa performance à la fois intime et puissante démontre une ampleur de jeu époustouflante. Elle sert de point d’ancrage parfait pour saisir la force émotionnelle de Manchester by the Sea.
Le montage non linéaire permet de s’intéresser autant au présent qu’au passé. Le décès ouvre et guide le film, mais les retombées de la tragédie sont entrecoupées de retours en arrières tout aussi pertinents. À travers les analepses, la perspective complexe des personnages se clarifie et nous arrivons à comprendre l’étendue des conflits psychologiques de chacun. Ces nuances apportées donnent aux relations une authenticité vibrante. Le scénario de Kenneth Logerman parle de deuil avec une gravité appropriée, sans pour autant tomber dans une facilité mélodramatique qui aurait inutilement alourdi le récit. Il atteint cet équilibre avec une aisance déconcertante, entre autres grâce à une mise en scène accomplie et des comédiens de talent.
La communauté de Manchester-by-the-Sea est interprétée par des acteurs qui brillent même dans les plus petits rôles. Kyle Chandler, Michelle Williams, C.J. Wilson, Gretchen Mol, Heather Burns et le reste de la distribution créent des personnages qui confèrent au film un réalisme essentiel à un tel récit. Tous gravitent autour du cœur du film, formé par le duo inusité formé par Casey Affleck et Lucas Hedges,  dont la subtilité de jeu est bien plus efficace que n’importe quelle ligne de dialogue.
Manchester by the Sea est une exploration contemporaine du deuil qui laissera probablement sa marque sur le paysage cinématographique. Il est en effet rare de se laisser aussi facilement emporter par les tourments d'un personnage. À la fin du voyage, le spectateur en ressort grandi.
L'avis de la rédaction :

Olivier Maltais: ****
Jean-Marie Lanlo: ***½
Martin Gignac: ****
Miryam Charles: ***½
 

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