26 janvier 2018

Le Vénérable W. ****

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À Mandalay, en Birmanie, le cinéaste Barbet Schroeder rencontre et interviewe le célèbre Ashin Wirathu, un moine bouddhiste très influent, chef du mouvement nationaliste 969 et du parti racialiste Ma Ba Tha.

Réalisateur: Barbet Schroeder | Dans les salles du Québec le 26 janvier 2018 (Funfilm Distribution)

Lancé en sélection officielle au dernier Festival de Cannes, ce documentaire est la conclusion d’une « Trilogie du mal » entamée par le réalisateur avec Général Idi Amin Dada: Autoportrait en 1974 et prolongée avec L’avocat de la terreur sur Jacques Vergès en 2007. Puissant et donnant froid dans le dos, Le Vénérable W. lève le voile sur la montée de l’islamophobie envers les Rohingyas (minorité musulmane venue du Bangladesh et de confession sunnite), encouragée par Wirathu, l’un des initiateurs de leur persécution.
En filmant le racisme quotidien et les discours contradictoires et haineux de Wirathu envers les minorités musulmanes dans son pays, le réalisateur suisse s’interroge sur les principes du bouddhiste, sur ses valeurs et son bon fondement (la petite voix bouddhiste entendue en voix off). Ainsi, on passe de la parole à l’acte, de la pacification à la violence et la destruction comme les incendies de mosquées, d’écoles et de magasins à Meiktila en mars 2013 , que l’on peut voir à travers des images saisissantes. Surnommé le « ben Laden birman », Wirathu utilise lui aussi les réseaux sociaux pour diffuser des propos islamophobes et engendrer des actes de violence envers des minorités et des électeurs afin d’exclure les candidats musulmans lors des élections législatives de novembre 2015.
Avec ce dernier volet de sa trilogie, Schroeder dresse un portrait nuancé d’un monstre manipulateur et terrifiant. C’est une œuvre admirable qui nous force à réfléchir sur l’humain, le racisme, les croyances et le bien-fondé de la religion dans le monde actuel.
L'avis de la rédaction :

Pascal Grenier: ****
Jean-Marie Lanlo: ***
Martin Gignac: ****
Ambre Sachet: ***
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