Vues d'Afrique 2012: nos conseils

27 avril 2012

Fidèle au rendez-vous, le 28e festival de cinéma Vues d'Afrique proposera aux cinéphiles et aux amoureux de culture africaine un vaste choix de films courts ou longs, fictions ou documentaires. Si une visite du site internet du festival vous permettra de jeter un regard exhaustif sur la programmation, nous nous contenterons pour notre part de suivre les films de la sélection internationale de la catégorie fiction / longs métrages. Nous avons déjà eu l'occasion d'en voir la majorité... voici donc quelques conseils.
En film d'ouverture, le festival propose une comédie martiniquaise sur un Antillais venu étudier en France métropolitaine et de retour dans son île d'origine trente ans après l'avoir quittée... choc culturel garanti (30 degrés couleur, réalisé par Lucien Jean-Baptiste et Philippe Larue). Si nous n'avons pas encore eu l'occasion de voir ce film, nous avons par contre découvert avec plaisir celui (très différent) qui fera la clôture du festival : Sur la planche **** (Maroc), premier film de fiction réalisé par Leila Kilani (sélectionné à la Quinzaine des Réalisateur du dernier Festival de Cannes). Une caméra très mobile (mais jamais trop agitée) suit comme son ombre et avec un rythme effréné une jeune ouvrière et ses amis qui partagent leurs vies entre le travail à l'usine et les petits trafics. Nous en reparlerons plus en détail la veille de sa première projection au festival, mais si vous ne devez voir qu'un film à Vues d’Afrique cette année, Sur la planche semble être un choix judicieux. Autre film dont nous reparlerons (et autre film marocain réalisé par une femme) : L'amante du Rif *** (de Narjiss Nejjar). Contrairement au film précédent, très urbain, celui-ci porte un regard sur un Maroc plus rural où les traditions sont encore très fortes. La réalisatrice suit le passage à l'âge adulte d’Aya, 20 ans, bercée d'illusions et rêvant d'un amour de conte de fées avant de finir par se retrouver confrontée à la réalité (nous en reparlerons également plus en détail la veille de sa projection). Notre troisième conseil est le premier film tourné au Rwanda par un réalisateur rwandais (et premier « coup de cœur » du festival) : Matière grise *** (réalisé par Kivu Ruhorahoza). Le film, très auteurisant, livre un regard singulier sur les conséquences d'un conflit ethnique tout en s'interrogeant sur le rôle du cinéma. L'ensemble, un peu froid et inégal, n'est pas toujours à la hauteur de ses grandes ambitions mais parvient à éviter le didactisme ou les facilités et témoigne du talent très prometteur de ce jeune cinéaste qui signe ici son premier long métrage de fiction.
Nous n'avons pas vu deux autres films de la sélection :Tamantashar Yom / 18 jours, film collectif composé de courts métrages réalisés par dix réalisateurs autour de la révolution égyptienne de janvier 2011 et Toussaint Louverture (réalisé par Philippe Niang), film en deux parties sur celui qui a conduit Haïti à l'indépendance avant d'être déporté dans le Jura par Napoléon.
Le reste de la programmation permettra au spectateur de continuer à explorer l'Afrique, ses coutumes et son cinéma : Le secret de l'enfant fourmi ** (réalisé par Christine François) est un film français se déroulant en grande partie dans le Nord Bénin. S'il s'attaque à un double sujet intéressant (le sort des « enfants sorciers » – condamnés à mourir ou à être abandonnés dès la naissance – d'une part, et les conséquences du déracinement lié à l'adoption dans un pays lointain d'autre part), son écriture un peu scolaire et sa mise en scène parfois laborieuse en font un film mineur et plus prometteur que vraiment réussi. Nous le conseillerons cependant plus que La fille aux grands yeux *½ (réalisé par Alexis Tsafas et Fonseca Soares), film capverdien adapté d'un conte populaire local. Si le cadre est indéniablement soigné, l'ensemble reste plus prétentieux que réellement convaincant. Pour finir, Majid * (réalisé par Nassim Abassi), pourtant lui aussi « coup de cœur » du festival, est un film sur deux enfants de dix ans essayant de se rendre à Casablanca sur les traces des parents décédés de l'un d'eux. Sorte de conte de fée moderne (ce qui explique probablement le caractère caricatural des méchants), le film se contente d’enchaîner les idées (malheureusement peu convaincantes) dans l'espoir de faire avancer un film qui manque grandement de souffle.
Si la sélection internationale fiction est celle qui nous propose généralement les meilleurs films, nous devons toutefois préciser aux amateurs de longs métrages de fiction qu'ils auront la possibilité d'en voir quelques autres dans la sélection Afrique connexion (réservée à la vidéo), capable du meilleure comme du pire, ainsi que dans la sélection regards d'ici.
Bon festival!
 

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