Take This Waltz **

29 juin 2012

Margot (Michelle Williams) rencontre par hasard le charmant Daniel (Luke Kirby) à l’occasion d’un voyage. Elle s'aperçoit vite qu’il s’agit d’un nouveau voisin. Sans rien dire à son mari, elle le reverra plusieurs fois en essayant de lutter contre son attirance physique...

Réalisatrice: Sarah Polley | Dans les salles du Québec le 29 juin 2012 (Métropole Films Distribution)

Take This Waltz est un intéressant film sur les sentiments amoureux. Son histoire somme toute assez banale (un couple sans histoire avec une petite vie tranquille est bouleversé par l’irruption d’un séduisant voisin) donne l’occasion à Sarah Polley d’écrire un scénario intelligent et de porter un regard pertinent sur le couple dont la complicité peut finir par prendre le pas sur le désir. Cela lui permet également de traiter avec sensibilité les hésitations de l’héroïne, prise entre le refus de trahir son engagement (et son mari) et son nouveau désir. Malheureusement, la mise en oeuvre n’est pas à la hauteur des ambitions initiales. Si le film est plein de bonnes intentions, aucune ne parvient à dépasser ce stade. C’est bien de vouloir "faire auteur" en filmant les silences ou les petits gestes, en prenant le temps de faire évoluer lentement le récit, en ayant des ambitions graphiques ou en n’ayant pas peur d’être légèrement transgressif, mais n’est pas un grand metteur en scène qui veut. Toutes les envies de bien faire (dont nous ne remettrons pas en doute la sincérité) finissent par tomber à plat, voire à faire de l’ombre au regard désabusé (et tout en finesse) que porte Sarah Polley sur le couple. Autre ombre au tableau (de taille): la réalisatrice semble incapable de diriger Michelle Williams et préfère la laisser devenir une caricature d’elle même (elle a un charme évident, mais son côté "petite fille" qui passe constamment du rire aux larmes finit par lasser).
Reste cependant une très belle scène de manège (que l’arrêt brutal rend encore plus belle), dont nous retrouverons plus tard un écho avec une variante fondamentale. À la fois graphique, silencieuse mais porteuse d’un message limpide, elle semble représenter ce que Sarah Polley n’a pas réussi à obtenir durant le reste de son film. Elle n’en rend son léger ratage que plus regrettable.
 

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