The Purge (La purge) ***½

7 juin 2013

Dans un avenir proche, les États-Unis ne connaissent plus ni chômage, ni crise. Mais cette situation idyllique a un prix: tous les ans, durant douze heures, les services de Police et de santé cessent tout activité et le meurtre devient légal. Une famille protégée par un système de sécurité dernier cri voit son confort troublé par un événement inattendu.

Réalisateur: James DeMonaco | Dans les salles du Québec le 7 juin 2013 (Universal Pictures)

Le point de départ de The Purge est particulièrement intéressant mais présente un double danger. D’une part, la dimension “critique sociétale” doit éviter d’être trop simpliste pour rester crédible. D’autre part, la dimension thriller doit trouver le juste équilibre entre la psychologie et l’action (ce qui nécessite à la fois un scénario rigoureux et une mise en scène solide) afin de maintenir une tension constante. Dans les deux cas, le réalisateur / scénariste James DeMonaco répond présent.
Pour mener à bien sa réflexion, il s’appuie principalement sur trois aspects majeurs de la société américaine: l’importance d’une politesse de façade (l’obligation sociale du sourire en toutes circonstances dans les relations humaines est ici poussée à son paroxysme: les assaillants portent des masques grossiers affichant des sourires plus inquiétants que rassurants), l’importance du communautarisme (mais un membre de sa propre communauté est-il forcément digne de confiance... et un non-membre représente-t-il forcément une menace?), l’importance de la violence et de l’individualisme (pour régler les problème et éliminer les plus faibles, l’état institutionnalise la violence en permettant l’espace d’une nuit aux individus de ne plus respecter les règles).
En anticipant les conséquences possibles (bien que fortement improbables, convenons-en) de ces trois caractéristiques de la société américaine, James De Monaco parvient à nous renvoyer une image terrifiante de ce que pourrait être l’Amérique si elle continuait à régler les difficultés du vivre-ensemble en se cachant derrière des solutions peu convaincantes (une politesse de façade, une exacerbation du communautarisme et une violence individuelle légalisée).
Au-delà de cet aspect très intéressant, le film tient aussi la route d’un point de vue purement cinématographique. Certes, Ethan Hawke, qui n’est pas le plus grand acteur du monde, est ici particulièrement peu convaincant. De plus, quelques petites idées peu crédibles sont superflues (la présence et le rôle joué par le petit ami de la fille). Cependant, lorsque les choses s’accélèrent, le script tient la route (jusque dans ses excès volontaires: la famille est une caricature de la famille américaine ayant réussi) et la mise en scène, très nerveuse, presque brouillonne, reste toujours suffisamment maîtrisée pour générer une tension palpable sans donner l’impression d’un grand n’importe quoi illisible.
Sous ses allures de petit film de genre, The Purge parvient donc à être à la fois une critique terrible de la société américaine et un thriller efficace. C’est suffisamment rare pour être appréciable!
 

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