Livre: Les dictateurs au cinéma. Les totalitarismes européens sur grand écran

11 mai 2014

(Stefano Giani; Gremese; 160 pages)

En s’intéressant aux totalitarismes et aux dictatures vus à travers le prisme du cinéma, Stefano Giani avait en main un sujet particulièrement intéressant. Comme il le rappelle, «le cinéma a servi, célébré, rendu hommage, critiqué, démonisé (...) les dictatures, et il s’en est moqué.»
Au regard de ces relations entre cinéma et dictatures, mais également de la diversité des sujets à analyser (d’Hitler à Staline, de l’Italie fasciste au bloc de l’Est), il y avait de quoi livrer une étude passionnante que ne parvient malheureusement pas à nous fournir l’auteur de cet ouvrage. Certes, certains aspects digne d’attention sont abordés dans le livre, mais ils ne sont pas suffisamment développés pour satisfaire pleinement. De plus, le manque de vision d’ensemble est grandement préjudiciable. L’auteur, par manque d’analyse assez poussée, reste anecdotique et enchaîne les descriptions de films en peinant à les intégrer à son étude. Si certains présentent un intérêt louable, nous ne pouvons qu’être surpris par le choix des films sélectionnés. L’auteur en est d’ailleurs conscient et précise en introduction que «certains seront déçus et désorientés de ne pas y trouver d’authentiques chefs-d’oeuvre comme Allemagne année zéro, La Grande Pagaille, Kapo, etc.» avant d’ajouter «Les raisons sont simples: d’illustres chercheurs ont beaucoup écrit à propos de ces films, il aurait été impossible d’ajouter ou de modifier les détails de ces analyses parfaites». L’argument ne tient pas! L’auteur oserait-il affirmer que La grande Pagaille a été plus souvent étudié que L’enfance d’Ivan, dont il parle pourtant dans son livre? De plus, quel intérêt y a-t-il à éliminer certaines œuvres d’un travail d’analyse sur un sujet complexe sous prétexte qu’elles ont déjà été abordées à d’autres fins dans d’autres ouvrages? Cela ne fait aucun sens!
Si la rigueur de l’étude laisse grandement à désirer, il en est de même du style littéraire, aucunement adapté à l'exercice (à titre d’exemple, nous avons plusieurs paragraphes uniquement composés de phrases averbiales. L’un d’eux, exemplaire, commence par «Avant et après, donc. Absolu et relatif.»). Au lieu d’essayer de faire du style à la manière d’un étudiant en première année de création littéraire, on aurait préféré que l’auteur soigne son contenu (ou que le traducteur se contrôle un peu mieux…)!
 

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