Interstellar (Interstellaire) ****

5 novembre 2014

Afin de sauver la race humaine, des astronautes voyagent dans l’espace pour trouver un nouveau chez soi.

Réalisateur : Christopher Nolan | Dans les salles du Québec le 5 novembre 2014 (Paramount Pictures)

Après avoir conclu sa trilogie sur Batman, Christopher Nolan retourne à une forme de cinéma plus sérieux et personnel avec le très attendu Interstellar. Dans son nouveau long métrage où il est avant tout question de famille, on retrouve un père prêt à tout pour sauver ses deux enfants, une femme qui fera l’impossible pour revoir son amoureux disparu, des parents se fourvoyant pour assurer l’avenir de leurs progénitures... et un cadre intimiste proche des obsessions de Spielberg – avec des touches de sentimentalisme en prime – qui rappelle les vertus de l’héroïsme, du sacrifice et de la rédemption.
La première partie, parfois longuette, explicative et verbeuse, captive cependant rapidement, probablement parce que ce récit est le plus ambitieux de son auteur : un proche cousin du sublime Inception qui est élevé par la musique magistrale de Hans Zimmer, soutenu par un Matthew McConaughey méconnaissable dans un registre inhabituel et défendu par un scénario imaginatif et complexe qui ne ressemble à rien d’autre.
Après avoir mis la table et aligné ses pièces sur l’échiquier, le créateur du superbe Memento plonge ses personnages dans une véritable tragédie grecque, y intégrant action et sensations fortes à l’aide d’un montage élaboré. Quelques morceaux de bravoure coupent littéralement le souffle et si certaines fautes de goûts sautent aux yeux (ce petit côté Shyamalan), elles ne peuvent rien faire devant le maelstrom qui déferle – on pense ici à Gravity – et qui rend, ultimement, les yeux tristes. Une première dans le cinéma souvent trop intellectualisé, froid et distant de Nolan.
Bien sûr, ses détracteurs rouspéteront sur sa prétention, son manque d’humour et la trop longue durée de l’entreprise (près de trois heures). Il y a, il est vrai, des passages inégaux, d’autres d’un kitch pleinement assumé et le ridicule n’est jamais bien loin. Mais face à l’apocalypse, l’homme derrière The Prestige prend des risques incroyables, arrivant à faire cohabiter l’essence de 2001 : A Space Odyssey, Solaris, 12 Monkeys et Prometheus sans sombrer dans le ridicule, mais au contraire en puisant au plus profond de sa quête humaine, philosophique et métaphysique pour étayer une réflexion puissante sur l’amour, la mort, la persévérance et l’espoir... De quoi rendre ce voyage – dans la lignée de Noah et non pas d’Armageddon - unique et recommandable, surtout en 70mm.
 

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