Kidnapping Mr. Heineken *

7 mars 2015

(Réalisateur : Daniel Alfredson; disponible en VOD au Québec chez VVS Films à partir du 06 Mars 2015)

Le nouveau film de Daniel Alfredson (Millénium) s’attaque à une histoire véridique peu connue. En 1983 à Amsterdam, cinq personnes kidnappent le président de la compagnie de bière Heineken et son chauffeur. Ils seront libérés après 3 semaines de confinement, à la réception de la rançon la plus élevée jamais payée pour une personne (16 millions d’euros).
Entre les mains d’Alfredson et de ses deux scénaristes, cette histoire pleine de rebondissements (la simple arrestation des criminels contient à elle-seule la matière d’un autre film) subit plusieurs raccourcis, et donc simplifications. D’une durée frôlant les 90 minutes, Kidnapping Mr. Heineken se nourrit de plusieurs pistes qu’il aurait été intéressant d’explorer plus frontalement (l’enquête policière, le rapport de force entre Heineken et ses kidnappeurs...) pour que le récit atteigne une certaine épaisseur qui le rende crédible aux yeux du spectateur. C’est particulièrement le cas dans le traitement, très timide, qui est réservé à l’aspect socio-économique du récit. Par exemple, à aucun moment Alfredson ne se permet d’explorer clairement les raisons qui poussent ces cinq hommes ordinaires et sans travail à devenir kidnappeurs. Quelle est l’origine véritable de leur projet criminel (l’absence d’argent, le désir d’une vengeance sociale contre les riches comme Freddy Heineken..)? La question reste en suspens.
Comme l’indique son titre, seule l’exécution du plan du kidnapping donne au film sa raison d’être. Du coup, Alfredson en filme tous les passages obligés (l’organisation minutieuse, l’acte lui-même, la terrible attente, les doutes) le plus fidèlement possible, mais sans une once d’urgence, de vigueur dans la mise en scène ni même d'originalité ou d'inspiration. On ne demande pas à Alfedson d’avoir le talent ou le degré de maîtrise d’un Michael Mann ou d’une Kathryn Bigelow, mais on aurait aimé sentir dans son film le semblant d’une tension ou d’un investissement dans ses personnages.
À la fin, il y a très peu à retenir de son Kidnapping Mr. Heineken sinon peut-être deux scènes de poursuite probantes… et 85 minutes de profond ennui.
 

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