Why Don’t You Play in Hell? (Jigoku de naze warui ) ***½

31 octobre 2014

De jeunes cinéastes amateurs sans grand talent mais avec beaucoup d’ambition se retrouvent au centre d’un affrontement entre gangsters qui, incidemment, cherchent à faire filmer leurs combats.

Réalisé par Sion Sono | Dans les salles du Québec le 31 octobre 2014 (Cinéma du Parc)

Sion Sono est un cinéaste impossible à définir, jonglant avec les genres de film en film (voire à l’intérieur du même film) avec une énergie et un entrain contagieux. On retrouve dans ses derniers longs-métrages un besoin de filmer qu’il met en scène dans Why Don’t You Play in Hell à travers un groupe de cinéphiles imbéciles mais fort sympathiques.
Les péripéties qu’ils vivront dépassent l’entendement: toujours outrancières, souvent vulgaires, extrêmement violentes ou juvéniles. Le film, totalement irrévérencieux, va chercher sa liberté dans les bas-fonds mais en ressort pourtant extrêmement intelligent, drôle et, surtout, esthétiquement pertinent. Dans son plaisir de filmer, Sono démontre d’incroyables capacités techniques et impressionne constamment. Entre ses mains, grâce à un parfait dosage d’enthousiasme et d’ironie, le trash devient du grand art.
Après plus de deux heures (dont le dernier tiers est un long combat aussi sanglant qu’hilarant) on sort de Why Don’t You Play in Hell épuisé. Dans un désir d’atteindre tous les extrêmes, le film trouve une cohésion dans les opposés tout en se réinventant à chaque détour. Il y a certes quelques baisses de régimes (il est impossible de tenir un rythme aussi frénétique pendant toute la durée) mais les meilleurs passages se vivent dans un état d’euphorie. 
Certains seront peut-être insultés par tant de vulgarité mais pour les autres, Why Don’t You Play in Hell sera probablement le film le plus divertissant qu’ils pourront voir cette année.
 

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