Dancing Arabs ***½

15 mai 2015

Un jeune arabe surdoué est accepté dans une prestigieuse école juive de Jérusalem. Tandis qu’il tombe amoureux d’une jolie étudiante et se lie d’amitié avec un garçon gravement malade, Eyad prend conscience de son identité arabe tout en cherchant à bénéficier des privilèges réservés à la communauté juive.

Réalisateur : Eran Riklis | Dans les salles du Québec le 15 mai 2015 (Métropole Films Distribution)

Le risque était grand de s’enliser dans les clichés avec cette prémisse à saveur politique. Pourtant, ce n’est pas une histoire de conflit que nous proposent le réalisateur Eran Riklis et son scénariste Sayed Kashua, qui adapte ici son propre roman. Il s’agit plutôt d’une réflexion sur la prédétermination. Malgré ses aptitudes en sciences, Eyad est promis à une vie misérable s’il demeure en Palestine et son père en est conscient. C’est pour cette raison que malgré ses convictions politiques, Salah désire voir son fils fréquenter une école juive. Pour sa part Jonathan, issu d’un milieu aisé, est condamné par une maladie dégénérative. Chacun doit faire le deuil de l’avenir qui lui semblait tracé.
La grande force de Dancing Arabs est de dresser un portrait nuancé de la situation Israëlo-palestinenne où les préjugés de chacun n’empêchent pas la cohabitation. Les protagonistes du film sont des gens modérés qui aspirent à une vie normale. Ils se sentent concernés par les enjeux politiques sans être endoctrinés. D’ailleurs, le récit est truffé de moments intéressants comme cette scène où, pendant une alerte, les membres de la famille d’Eyad s’empresse de monter sur le toit de l’immeuble pour regarder le «spectacle» des missiles qui s’abattent sur Israël tandis que la mère s’obstine à leur faire mettre leur masque à gaz; ou bien cette promenade en amoureux interrompue par un policier qui exige de voir les papiers du jeune arabe, laissant sa copine pantois de constater que son compagnon puisse être perçu comme un ennemi de l’État.
L’histoire d’amour entre Eyad et Naomi est particulièrement intéressante puisqu’elle relève davantage de la curiosité interculturelle que de la passion dévorante et cette approche donne à leur complicité une belle authenticité. Par contre, l’amitié entre Eyad et Jonathan aurait mérité d’être mieux développée. Malgré tout, Dancing Arabs est un film rafraîchissant et poétique, rempli de clins d’œil aux points commun que partagent ces deux communautés.
 

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