Tomorrowland (Le monde de demain) **½

22 mai 2015

Une adolescente est appelée à sauver le monde après avoir découvert un médaillon qui la transporte à Tomorrowland, une ville située dans un univers parallèle et qui accueille les plus grands génies de la planète, mais dont l’avenir est compromis par une sombre prédiction.

Réalisateur : Brad Bird | Dans les salles du Québec le 22 mai 2015 (Walt Disney Pictures)

Avec Tomorrowland, les studios Disney renouent avec le type de long-métrage qu’ils produisaient en série dans les 60 et 70 comme Escape to the Witch Mountain ou encore The Computer Wore Tennis Shoes, c’est-à-dire des films de science-fiction fantaisistes destinés à un public juvénile. Le film de Brad Bird commence d’ailleurs dans les années 60 et s’amuse à comparer la perception que les gens avaient alors du futur par rapport à aujourd’hui : d’un avenir radieux et plein d’espoir, nous en sommes venus à croire que seul le chaos et la désolation nous attendent (c’est du moins ce que pense Frank, le personnage interprété par George Clooney). Seule Casey, une jeune fille délurée, pourra changer le futur mais bien sûr, il lui faudra déjouer les plans machiavéliques de conspirateurs qui espèrent voir arriver la fin du monde.
Tout en respectant les codes du genre qui font recette de nos jours, comme celui de la jeune élue chargée d’une mission divine, les auteurs multiplient les clins d’œil aux tendances SF de l’époque, à commencer par les méchants agents secrets qui se révèlent être des robots. Même les véhicules et la technologie futuriste s’inspirent largement du siècle dernier et si cet aspect vise essentiellement à flatter la nostalgie des parents, l’intrigue plutôt décousue du film ne pourra satisfaire que les plus jeunes. En effet, le scénario manque de cohérence et enchaîne les effets spectaculaires sans vraiment les justifier, de sorte qu’on ne peut que sourciller en voyant la Tour Eiffel se transformer en rampe de lancement pour une fusée et cela, même si le clin d’œil à Méliès est pleinement assumé. Cette dichotomie entre la réalisation de Brad Bird, destinée à un public de cinéphiles aguerris, et cette histoire simplette qu’on dirait écrite pour des enfants d’âge primaire finissent par poser problème. Le placement de produits, particulièrement évident, s’avère également une source d’irritation non négligeable.
Les amateurs de Brad Bird reconnaîtront la virtuosité du réalisateur d’Iron Giant, The Incredibles, Ratatouille et de Mission Impossible : Ghost Protocol, mais devront s’attendre à une œuvre mineure. C’est bien dommage de la part d’un metteur en scène qui avait fait jusqu’ici un parcours sans faute.
 

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