Trumbo **½

27 novembre 2015

Condamné par la commission des activités anti-américaines, le scénariste Dalton Trumbo (Bryan Cranston) se retrouve sur la liste noire en raison des ses allégeances communistes et poursuit sa carrière tant bien que mal en ayant recours à des prête-noms.

Réalisateur : Jay Roach | Dans les salles du Québec le 27 novembre 2015 (Les films Séville)

Dalton Trumbo fut l’un des scénaristes les plus réputés et prolifiques de son époque. On lui doit entre autres les scénarios de Roman Holiday, Brave One, Exodus et Spartacus. Il a également réalisé (bien que ce ne soit pas mentionné dans cette biopic) Johnny Got His Gun, adapté de son propre roman et qui reste à ce jour l’un des plaidoyers anti-guerre les plus troublants et sombres jamais produits par les studios hollywoodiens. En plus d'être un artiste talentueux et engagé, il fut également membre du Parti communiste et se retrouva au cœur des tumultes causés par la Commission des activités anti-américaines. En outre, il fut l’un des Dix d’Hollywood ayant refusé de répondre à la question : « Êtes-vous encore ou avez-vous été membre du parti communiste ? ». Inscrit sur la liste noire et ostracisé, il poursuivit néanmoins sa carrière dans l’ombre tout en subissant les préjugés de son époque.
40 ans après sa mort, Jay Roach lui consacre une biographie honnête mais sans éclat. Habitué ces dernières années à réaliser des téléfilms pour HBO, le réalisateur poursuit dans cette veine en relatant, étape par étape, la descente aux enfers puis la réhabilitation de Trumbo sans jamais faire preuve d’audace. Les documents d’archives se mêlent habilement à la trame narrative pour donner de la crédibilité à l’assemble et cependant, le résultat manque de sensibilité, prenant parfois les allures d’un docu-fiction aux accents comiques. Bryan Cranston livre une solide performance dans le rôle-titre sans avoir à se surpasser. En revanche, plusieurs membres de la distribution peinent à se glisser dans la peau d’acteurs célèbres. Ainsi David James Elliot (de la série J.A.G.) ne parvient pas à chausser les bottes de John Wayne alors que Michael Stuhlbarg s’en tire un peu mieux dans le rôle d’Edward G. Robinson, peut-être parce que celui-ci bénéficie de l’une des rares scènes touchantes du film.
Si les amateurs de biopics apprécieront d’en apprendre davantage sur un artisan de l’âge d’or hollywoodien, les cinéphiles resteront probablement sur leur faim.
L'avis de la rédaction :

SébastienVeilleux: **½
Jean-Marie Lanlo: **
Martin Gignac: ***
Olivier Maltais: ***
 

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