Life ***

4 décembre 2015

Le photographe Dennis Stock (Robert Pattinson) tente de convaincre l’acteur James Dean (Dane Dehaan) de se laisser immortaliser pour le magazine Life.

Réalisateur : Anton Corbijn | Dans les salles du Québec le 4 décembre 2015 (Les Films Séville)

Le mythe entourant James Dean est un des plus mystérieux et fascinants du cinéma hollywoodien. Au lieu de reprendre les codes du biopic traditionnel et consensuel, Life s’intéresse à quelques semaines de l’existence de deux personnages miroirs: l’immense interprète décédé tragiquement à l’âge de 24 ans qui vit dans le présent, et son ami en devenir, un père qui a toujours privilégié son métier à sa famille et qui espère un jour devenir un grand photographe.
Le long métrage se trouve constamment dans la juxtaposition de ces deux mondes, de cette soif souvent contradictoire de célébrité et d’intégrité. Le climat de mélancolie se fond parfaitement au rythme inconsistant qui n’est pas toujours immédiat – cela pourra être frustrant pour certain - et aux mélodies vaporeuses d’Owen Pallett. Bien qu’il s’inscrive dans une anecdote survenue en 1955, l’effort embrasse la poésie pour sublimer les faits et la rendre aussi personnelle qu’universelle.
Magnifiquement défendu par deux comédiens au sommet de leur art (Robert Pattinson continue de faire confiance à des cinéastes importants et Dane Dehaan est rien de moins qu’une révélation après tous les Chronicle de ce monde) qui n’évitent toutefois pas un certain maniérisme, le film se plaît à enfermer ses personnages dans la solitude, à leur rappeler que leurs passions risquent un jour de se retourner contre eux. Un thème fétiche qui a toujours caractérisé la démarche artistique du photographe réputé Anton Corbijn depuis ses débuts au cinéma (Control, The American et A Most Wanted Man).
Un peu long, trop explicatif / moralisateur lors de sa dernière partie et un brin répétitif dans son exposition de ces héros qui semblent jouer au chat et à la souris, Life est peut-être l’oeuvre la moins nécessaire de son auteur, mais elle n’en demeure pas moins un très intéressant condensé de paroles, de fumée de cigarettes et de lenteurs qui transportent dans une autre univers.
À regarder en doublé avec le plus divertissant The End of the Tour de James Ponsoldt qui mettait en vedette Jason Segel et Jesse Eisenberg.
L'avis de la rédaction :

Martin Gignac: ***
Jean-Marie Lanlo: ***
Sébastien Veilleux: **
 

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