The Ardennes *½

9 septembre 2016

Le retour en société de Kenneth après quatre ans d’incarcération pour un cambriolage commis avec son jeune frère Dave, qu’il a protégé en cachant sa participation à la justice. Enfin libre, il cherche sa place de bon citoyen en tentant de rentrer dans les rangs de la normalité et de reconquérir son ancienne copine, Sylvie

Réalisé par Robin Pront | Dans les salles du Québec le 9 septembre 2016 (Niagara Films)

The Ardennes est le premier long-métrage de Robin Pront, le dernier d’une lignée de jeunes cinéastes belges (Michael R. Roskam, Felix Van Groeningen...) à confirmer les sursauts de vitalité d’un cinéma qui jusqu’à tout récemment se résumait principalement aux frères Dardenne et Jaco van Dormael. À l’opposé de Roskam, dont le coup d’essai (Bullhead) s’est imposé très vite en coup de maître, Pront livre un premier film peu mémorable, souffrant de plusieurs maladresses et qui échoue à emporter l’adhésion de son spectateur.
Campé dans une réalité sociale assez désenchantée, le film recèle ses meilleurs moments dans sa première partie (beau travail sur le cadre, climat de tension réussi, un acteur principal qui captive), laissant entrevoir au détour de quelques scènes les raisons de cette criminalité à laquelle les frères ont pu s’adonner. Les perspectives d’un avenir optimiste absentes, l’addiction aux drogues bien répandue, ou encore une mère qui semble avoir manqué à son rôle, sont autant de détails informatifs que le film déroule sans trop forcer le trait et qui permettent de mieux comprendre les actions de leurs personnages. À cet égard, il est impossible de ne pas évoquer celui de Sylvie, l’ex-toxico, ancienne amoureuse de Kenneth maintenant en couple avec Dave, certainement le plus attachant personnage du film et avec lequel Pront est le plus en phase. On sent qu’il comprend pleinement ses motivations, ce qui semble être moins le cas des personnages des frères, dont les agissements sont artificiellement posés et difficilement crédibles.
Se tenant sur un équilibre assez fragile, The Ardennes dérape complètement dans son dernier tiers, exposant une fois pour toutes la dualité ravageuse des deux frères. Se déroulant dans la région peu hospitalière donnant au film son titre, la dernière partie marque une scission abrupte et violente avec le reste. Loin de générer la tension anticipée, cette rupture déplace l’ensemble sur une voie tellement grotesque (une attaque d’autruches, des dégénérés maléfiques ridicules démembrant leurs victimes) qu’on se demande si Pront est toujours responsable de ces images...
Malheureusement, peu est à sauver de cette chaotique et malheureuse débâcle !
L'avis de la rédaction :

Sami Gnaba: *½
Jean-Marie Lanlo: *½
Miryam Charles: **½
Martin Gignac: ***
 

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