De Palma ***½

15 juillet 2016

Le mythique cinéaste Brian De Palma se confie sur plus de 50 ans de carrière.

Réalisateurs : Noah Baumbach, Jake Paltrow | Dans les salles du Québec le 15 juillet 2016. (Remstar)

Découvrir le cinéma de Brian De Palma marque généralement un cinéphile au fer blanc. Pas nécessairement à cause de ses films (quoique Carrie, Blow Out et The Intouchables sont d’immenses réussites), mais pour la virtuosité de son style et de certaines scènes inoubliables qui rappellent que la technique - caméra, musique, montage et alouette - représente l’essence même du septième art. Il y a pourtant peu de gens qui de nos jours revendiquent l’influence du vénérable créateur de 75 ans, si ce n’est pour l’utilisation de la violence dans son long métrage culte Scarface.
Afin de remédier à cette situation, le réputé Noah Baumbach (Frances Ha) et son confrère Jake Paltrow (Young Ones) ont décidé de consacrer un documentaire uniquement au père de Dressed to Kill et de Carlito’s Way. Les premières minutes de l’effort surprennent, médusent et peuvent décevoir. Il débute avec un extrait d’un classique d’Hitchcock (Vertigo, évidemment) avant d'entrer dans le vif du sujet de façon typée et conventionnelle: tout le contraire de la démarche haute en couleur de l’homme derrière Sisters et Obsession!
Ce n’est évidemment qu’un leurre qui leur permet – comme à leur sujet – de déconstruire les schémas classiques, ici du documentaire usuel. Brian De Palma apparaît seul à l’écran et c’est lui qui dicte le récit de sa voix rassurante et de ses anecdotes savoureuses. Personne ne vient jamais interférer : sa vision prime, ce qui rend l’exercice savoureux. S’il revient sur son enfance, sa relation avec ses parents et ses études, c’est pour mieux sauter dans ce qui le définit : l’influence de la Nouvelle Vague, la guerre du Vietnam et cette époque bénie d’Hollywood où les Scorsese, Spielberg, Coppola et Lucas se laissaient aller à leurs délires.
L’essai à la fois ludique et instructif file à la vitesse de l’éclair malgré quelques redondances et touche à la plupart des thèmes que les fans attendent. Il y est donc entre autres question de la relation du réalisateur avec la censure et les critiques, de sa fascination pour les longs plans, de sa propension à diviser constamment l’écran et de se faire vilipender pour sa misogynie: rien de nécessairement nouveau pour les admirateurs de la première heure. Par contre, il suscite le désir de revoir l’ensemble de sa filmographie après le générique de fin!
L'avis de la rédaction :

Martin Gignac: ***½
Jean-Marie Lanlo: ***
 

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