King Dave **

15 juillet 2016

Dave, un looser particulièrement doué pour faire des mauvais choix se retrouve embarqué dans une suite d’aventures qui le poussent à commettre l’irréparable.

Réalisateur: Daniel Grou - Podz | Dans les salles du Québec le 15 juillet 2016

On reproche souvent au cinéma québécois de manquer d’ambition. Le moins qu’on puisse dire est que Podz n’est à ce titre pas critiquable, ses deux derniers films (Miraculum et King Dave) représentant de véritables prises de risques. Malheureusement, il ne suffit pas d’être ambitieux pour faire de bons films.
Dans King Dave, la difficulté réside dans le concept du plan-séquence d’une heure et demie. Nous devons reconnaître à ce sujet que l’équipe technique du film, du décorateur au département caméra, en passant par tout ce qui tourne autour de la logistique, a accompli un excellent travail. Dans la volonté de donner naissance au concept, il y a également des idées intéressantes qui permettent d’éviter les petites faiblesses d’un film comme Victoria. Podz trouve en effet le moyen de créer des ellipses temporelles pour éviter les longueurs liées aux transports entre différents lieux de l’action (idées judicieusement amenées du théâtre (et indirectement de Birdman, les effets spéciaux de liaison en moins).
Malheureusement, ces quelques qualités ne parviennent pas à nous faire oublier les faiblesses du film, que l’on pourrait résumer à un homme: Alexandre Goyette. Auteur et acteur de la pièce à l’origine du film, c’est lui qui le porte sur ses épaules. Trop âgé pour le rôle, il déclame un texte en oubliant que le cinéma et le théâtre ne sont pas des arts semblables. Sa prise à partie du spectateur ne fonctionne à aucun moment, sa description perpétuelle de l’action et de ses émotions ressemble à une insulte envers le médium cinéma et son jeu est trop appuyé pour nous convaincre. Il serait pourtant injuste de lui jeter la pierre. Si tous ces reproches sont vrais, Goyette n’en est peut-être pas totalement responsable.
Il a beau être l’auteur du texte, il n’est pas l’auteur du film, à savoir Podz, seule personne à blâmer pour avoir mis en images ces mauvais choix. Oui, cher Podz, votre film représente un travail considérable. Oui, vous vous êtes entouré d’une équipe qui a fait un travail prodigieux. Cependant, par vos choix, vous avez entraîné tous ces talents vers une aventure stérile en raison de la multitude d’erreurs goyettiennes énumérées plus haut. Nous aurions aimé aimer votre film pour le travail accompli, pour ses quelques (et indéniables) bonnes idées et pour son ambition réjouissante. Malheureusement, nous ne pouvons que regretter que tout cela se retrouve au service d’une mauvaise cause. Peut-être s’agit-il de votre ego, mais un doute persiste. Par contre, il s’agit sûrement d’un aveuglement qui pousse à croire qu’un concept est une qualité en soi. Or, un concept, s’il étouffe aussi bien les personnages que les émotions qu’ils pourraient générer, ne sert ni le film, ni son auteur.
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: **
Martin Gignac: **
Olivier Maltais: **
 

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