Moonlight ****

11 novembre 2016

La vie en trois parties – enfance (Alex R. Hibbert), adolescence (Ashton Sanders) et âge adulte (Trevante Rhodes) – de Chiron, un Afro-américain gai en milieu défavorisé.

Réalisateur : Barry Jenkins | Dans les salles du Québec le 11 novembre 2016.

Avec un tel synopsis, nous aurions pu nous attendre au pire. Il a en effet tout de celui du film « à Oscars » qui manipule et exploite la douleur des gens sans remords pour se donner de l’importance. Heureusement, Barry Jenkins évite le piège et nous offre un film d’une grande dignité et d’une puissante subtilité.
De plus, il comprend que les silences peuvent en révéler beaucoup plus que n’importe quel dialogue. À travers l’histoire de Chiron, il réussit à rendre universelle et identifiable la lutte d’un homme marginalisé.
Les ellipses d’une dizaine d’années entre chaque chapitre de la vie du personnage évitent d’en révéler trop et nous laissent combler les vides avec les divers indices parsemés dans chacun des segments. Les personnages vont et viennent dans la vie de Chiron sans nécessairement avoir un rôle trop appuyé. Personne n’existe uniquement pour servir son histoire et chacun continue à vivre en dehors du tracé du scénario. Pour ce qui est du personnage principal, le film, qui pourrait ressembler à l’histoire d’une vie, peut aussi être perçu comme le début d’un potentiel nouveau départ.
Pour leurs parts, les acteurs font un travail remarquable, du naturel d’Alex R. Hibbert à la résonance émotionnelle d’Ashton Sanders lors des remous de l’adolescence. Toutefois, Trevante Rhodes mérite une mention spéciale pour la complexité du personnage auquel il donne vie en dernier acte. Il arrive à convier dix années d’expériences qui l’ont mené où il est sans oublier l’enfant et l’adolescent confus qu’il n’a jamais vraiment laissés derrière. Sa performance encapsule une vie et illustre brillamment la quête identitaire au centre de ce récit, autant liée à ce qu’il projette qu’à sa sexualité.
Alors que l’actualité électorale américaine divise, des films comme Moonlight, guidés par une empathie qui cherche à rapprocher plutôt qu’à isoler, sont pertinents... et même essentiels!
L'avis de la rédaction :

Olivier Maltais: ****
Jean-Marie Lanlo: ***½
Martin Gignac: ****
Miryam Charles: ***½
Olivier Bouchard: ***½
 

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