Lion ***½

21 décembre 2016

Un jeune Indien perd sa famille. Après plusieurs mois dans la rue, il finit par être adopté par un couple australien. Vingt ans plus tard, il entreprend de retracer d’où il vient.

Réalisateur : Garth Davis | Dans les salles du Québec le 21 décembre (Séville)

Considérant que nous sommes en saison des films «à Oscars», il est difficile de voir Dev Patel dans un film sur une jeunesse en Inde sans penser à Slumdog Millionaire. Le film de Boyle et Tandan constitue un parfait exemple de films « prestiges » qui utilise un pays étranger pour offrir un décor exotique et une histoire destinée à un public occidental aisé qui assiste à la projection comme l’on visite un zoo. Contre toute attente, Lion impressionne au contraire par son authenticité et sa détermination à aller au cœur de l’expérience du jeune Saroo (d’abord Sunny Pawar et Dev Patel). Il ficelle ainsi un récit fascinant et émouvant d’identité forgée par les origines.
L’enfance de Saroo en Inde, perdu dans les rues turbulentes, forcé de vivre sans toit et sans famille, n’aurait pu être qu’un prologue à sa vie adulte en Australie. Heureusement, Davis prend la décision intelligente de consacrer la moitié de son film à l’enfant perdu afin de nous permettre de vivre pleinement sa lutte et de comprendre les souvenirs qui s'imprègnent en lui. Ainsi, lorsqu’il grandit, ses tumultes intérieurs sont clairs et compréhensibles. Le déchirement entre les identités est clairement ressenti et est indissociable à l’histoire racontée.
Chacun des proches de Saroo se voit accorder l’importance adéquate, soulignant que même si son conflit est interne, il n’est pas le seul affecté. Les gens déracinés de leur pays natal sont une réalité qui nous affecte tous. La relation avec ses deux familles, reflets de ses deux mondes, est construite pour soutenir efficacement la réalité émotionnelle de chaque segment du récit. Le talent des acteurs choisis aide aussi énormément, tout particulièrement Pawar, qui rayonne d’authenticité et sert d’ancrage au public dans les rues de Calcutta.
Ultimement, Lion se démarque par la sincérité de ses sentiments et la légitimité de sa perspective. Il raconte surtout une histoire particulièrement pertinente à une époque où le nombre de migrants (plus ou moins contre leur gré) est en hausse constante.
L'avis de la rédaction :

Olivier Maltais: ***½
Martin Gignac: **
 

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