Sleeping Beauty ***

9 décembre 2011

Lucy (Emily Browning), une jeune étudiante cumulant les petits emplois, est embauchée par une agence d’escortes de luxe. Suite à une promotion, elle se rend dans un manoir où elle est endormie dans le but d’assouvir les désirs d’hommes très riches.

Réalisation : Julia Leigh | En salles le 9 décembre 2011 (Les Films Séville)

Présenté en compétition officielle lors du dernier festival de Cannes, Sleeping Beauty, premier film de Julia Leigh, est une œuvre des plus singulières. La réalisatrice australienne crée un rythme qui réussit à envouter le spectateur en se basant sur une répétition de scènes qui pourraient être perçues comme banales : Lucy nettoyant les tables du café où elle travaille ou classant des documents au bureau; ses visites chez un ami alcoolique; ses dîners chez des clients. Sans toutefois le révéler entièrement, la réalisation sans artifice expose un mystérieux personnage féminin à la dérive. La précision dans la structure du récit, dans la direction d’acteurs ainsi que dans le dispositif filmique ne dévoile que très peu des motivations des personnages, qui semblent tous se savoir condamnés à un destin tragique. Certains trouveront difficile de se laisser emporter par l’intrigue qui met du temps à se développer. En effet, une atmosphère froide, quasi repoussante, se dégage de ce film empreint d’un mal de vivre. Julia Leigh, qui signe également le scénario de ce conte moderne sans morale, pousse le spectateur à réfléchir sans toutefois porter un jugement sur des actions qui sont pourtant répréhensibles. Sleeping Beauty demeure un film extrêmement pessimiste sur la condition humaine qui peut donner l’impression, à l’instar de Lucy, de sortir d’un cauchemar pour se rendre compte que la réalité est peut-être encore pire. Il y a là une certaine poésie de la fatalité, mais une lueur d'espoir aurait été appréciée.
 

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