Coriolanus **½

20 janvier 2012

Coriolanus (Ralph Fiennes), un héroïque général romain, se retrouve propulsé dans l’arène politique après avoir mené à bien une guerre contre l’ennemi de sa cité. Plus habile aux jeux de la guerre qu’à ceux du pouvoir, il finira par être banni de Rome, mais tentera d’y revenir par tous les moyens.

Réalisateur: Ralph Fiennes | Dans les salles du Québec le 20 janvier 2012 (D Films)

Pour sa première mise en scène, Ralph Fiennes témoigne d’un intéressant mais inégal talent de réalisateur (sa tendance à inciter sa caméra à l’agitation extrême dans les scènes dialoguées est largement compensée par des scènes de guerres plutôt réussies). Mais le plus intéressant dans ce film est sans doute son rapport au texte de Shakespeare. Le choix de reprendre les dialogues originaux aurait pu être une bonne idée, mais celui de situer l’action à une époque proche de la notre est beaucoup plus contestable. Au lieu de mettre en évidence le caractère universel et intemporel du texte (les époques et les systèmes politiques changent, les humains restent toujours confrontés aux mêmes types de rivalités), son choix a en effet tendance à en faire ressortir les archaïsmes. Si le résultat est conceptuellement intéressant et parfois convaincant (l’affrontement viril "à l’ancienne" entre les deux ennemis au début du film est une belle réussite), la mayonnaise ne prend pas totalement et finit par provoquer l’indigestion... du moins pour les spectateurs qui n’adhèrent pas à l’axiome proposé par Ralph Fiennes. Il est en effet probable que d’autres l’accepteront. Ces derniers auront alors la chance d’apprécier un premier film courageux.
 

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