The Forgiveness of Blood ***

6 avril 2012

Une querelle entre deux voisins qui dure depuis des années se solde par le meurtre de l’un d’eux. Suivant les préceptes du Kanun, un code coutumier albanais, la famille du présumé coupable se doit de vivre en isolation jusqu’à ce qu’elle ait payé sa dette de sang.

Réalisation : Joshua Marston | Dans les salles du Québec le 6 avril 2012 (Métropole Films Distribution)

D’une simplicité rafraîchissante, le film de Joshua Marston (prix du scénario au Festival de Berlin en 2011) place sa caméra à la hauteur des deux jeunes adolescents de la famille (Tristan Halilaj et Sindi Lacej), bouleversés par le drame qui entache leur nom. Le réalisateur nous montre avec efficacité et simplicité que la dette de sang crée non seulement l’isolement de la famille par rapport au monde extérieur, mais qu’elle en déchire aussi les relations internes. Les parias parlent à mots couverts des événements qui ont causé leur perte, alors que le père refuse d’assumer sa responsabilité dans l’affaire.
La mise en scène de Marston nous enferme donc dans la maison familiale où le rythme de vie s’enlise jusqu’à ce qu’un élément du récit agite enfin cet état de latence. Misant sur la simplicité d’une mise en scène réaliste et sans artifices, Marston tombe tout de même dans un piège scénaristique qu’il a lui-même construit : le film accompagne si bien la frustration du jeune homme qui tente de lutter contre les anciennes traditions, que la confrontation finale du protagoniste avec la famille de la victime aurait dû être un moment culminant. Or, il n’en est rien. Lorsque la scène a lieu, son déroulement, très court, peut décevoir tant il semble ne pas apporter grand chose. Il se pourrait pourtant bien qu’il s’agisse de la grande force du film. En se détachant des attentes du spectateur, la réalisation se libère d’un récit convenu, créant ainsi une chronique familiale tout en profondeur et en subtilité.
 
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