Sparkle *½

17 août 2012

Trois sœurs (Jordin Sparks, Carmen Ejogo, Tika Sumpter) qui tentent de percer dans le domaine de la chanson doivent affronter leur mère (Whitney Houston) qui aimerait qu’elles s’investissent dans des métiers plus traditionnels.

Réalisateur : Salim Akil | Dans les salles du Québec le 17 août 2012 (Sony Pictures)

Qui se souvient de Sparkle, ce long métrage complètement anonyme qui a pris l’affiche en 1976? Deux ou trois producteurs américains qui ont décidé d’en faire un remake, transposant l’action des années 1950 aux années 1960, pendant la période Motown. Malheureusement pour eux, leur nouvelle production est tout aussi oubliable.
Tout débute comme un biopic classique, avec ses moments de gloire et de déchéance, pour se transformer à mi-chemin en un gros mélo moralisateur, où des ralentis douteux servent à montrer la violence des hommes faite aux femmes. Pourtant, Tyler Perry n’y fait même pas un caméo! Un virage à 360 degrés que le metteur en scène Salim Akil (le créateur de l’ennuyant Jumping Broom, c’est lui) assume pleinement avec sa réalisation en dents de scie, parfois soignée mais souvent complètement fauchée et, surtout, malhabile. De quoi sourire lorsque l’intensité dramatique est dans le tapis.
La musique fait danser et rêver. Il est pourtant si simple de se procurer la trame sonore et de ne pas subir deux heures de règlement de compte en famille. Les comédiens, généralement talentueux (figurent également au générique Derek Luke et Mike Epps), sont coincés dans des rôles ingrats et mal dessinés. Le trio en place ne s’en sort pas trop mal, et lorsque la catastrophe est sur le point de survenir, il y a toujours un numéro musical pour faire avaler la pilule. C’est une autre histoire pour la dernière apparition au cinéma de la regrettée Whitney Houston. Son personnage est censé la rétablir dans la bonne conscience collective, mais on sent plutôt une actrice fatiguée, au bout du rouleau, qui peine à suivre le rythme et à jouer sur la même partition que ses collègues.
Si l’on se fie seulement au synopsis, Sparkle nouvelle génération aurait pu être du même calibre que le mésestimé Dreamgirls de Bill Condon. Le résultat est tout autre. Ce qui commençait d’une façon potable a tôt fait de se faire dévorer par son ambition. Pour passer le temps, pourquoi ne pas compter le nombre de fois où le prénom Sparkle est nommé à l’écran? Après la cinquantième fois, il est si facile de perdre le compte…



 

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