Le grand soir ***½

23 novembre 2012

Vu dans le cadre du FNC 2012

Les frères Bonzini n'ont rien en commun: Not est un vieux punk de centre ville alors que Jean-Pierre est vendeur de literie dans un centre commercial. Mais lorsque Jean-Pierre est licencié, les frères se découvrent une envie commune: faire la révolution!

Réalisateurs: Benoît Delépine et Gustave Kervern | Dans les salles du Québec le 23 novembre 2012 (Funfilm distribution)

C’est indéniable : le début du dernier film du duo de trublions Delépine et Kervern est très drôle. L’opposition entre deux personnages très typés (le plus vieux punk à chien d'Europe (Benoît Poelvoorde) d'un côté et le vendeur de matelas et père de famille (Albert Dupontel) de l'autre), autorise en effet les deux acteurs à en faire des tonnes, et leur force comique leur permet de le faire particulièrement bien (tout comme les seconds rôles d'ailleurs!). Mais au fur et à mesure que le film avance, la comédie, toujours aussi amusante, devient aussi de plus en plus sombre et finalement, sous des allures de grand n’importe quoi, se fait même observatrice d'une époque où l'intention se suffit à elle même. Alors qu'Obama  s'est fait élire il y a quatre ans avec "Yes we can" (sans préciser quoi) et Hollande s'est fait élire en France avec "Le changement, c'est maintenant" (sans préciser comment), nos deux marginaux décident de rejeter la société de consommation avilissante et abrutissante, mais leur projet de révolution n'est finalement guère plus précis que ceux des deux présidents-messies.
Delépine et Kervern, comme leurs personnages, invitent à la révolution ou au foutage de merde, prônent la liberté individuelle et le non-respect de l’ordre établi, mais leur nihilisme semble les pousser à ne pas se laisser bercer d’illusions. Que l’on fasse semblant d'être heureux en consommant ce que la publicité nous vend comme étant indispensable, ou que l’on s’imagine libre en se tatouant DEAD sur le front et en n’obéissant à personne, tout mène peut-être finalement au même point : nulle part. C'est ce terrible constat, au delà même de sa puissance comique, qui fait la force du film.
Reste à savoir si c'était vraiment son intention!
 

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