Detropia **

16 novembre 2012

Il fut un temps où la ville de Detroit, entraînée par l’essor industriel, ne cessait de croître en prenant des allures de parfaite illustration du rêve américain. Avec la multiplication des délocalisations, l’effet inverse se produit maintenant et la ville du Michigan ressemble de plus en plus à une ville fantôme.

Réalisatrices Rachel Grady et Heidi Ewing | Dans les salles du Québec le 16 novembre 2012 (Cinéma Du Parc)

Detropia, contraction de Detroit et d’Utopia, fait le constat d’un monde en ruine... ou, pour être plus juste, d’une ville en phase de le devenir. Les zones urbaines presque désertiques dans lesquelles la végétation reprend progressivement ses droits, les maisons abandonnées ou les immeubles insalubres sont filmés avec force et permettent aux réalisatrices de nous projeter littéralement dans cette grande ville qui se vide progressivement pour ressembler par endroits à une mégapole fantôme. Lorsqu’elles filment les habitants dépouillant des vieilles structures pour en récupérer les métaux, le résultat est tout aussi efficace. Malheureusement, tout ceci ne représente qu’une partie réduite du film. Pour le reste, Detropia laisse de côté la puissance évocatrice de l’image et s’attarde sur les témoignages de quelques personnes n’ayant rien d’autre à dire sur la situation que des banalités. Jamais nous ne parvenons vraiment à comprendre ces gens, cette ville, cette vie. En donnant la parole à des témoins, les réalisatrices nous éloignent paradoxalement de leurs difficultés, de leur souffrance, de leur attachement à une ville qui se meurt et de leur constat d’un système qui s’écroule.
Detropia, plus qu’un film sur la mort d’une ville, ressemble en fait à l’implacable démonstration qu’une image pertinente peut en dire bien plus que des paroles vides!
 

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