Django Unchained (Django déchaîné) ****

25 décembre 2012

Un chasseur de primes (Christoph Waltz) aide un ancien esclave (Jamie Foxx) à libérer la femme qu’il aime (Kerry Washington) d’un dangereux propriétaire terrien (Leonardo DiCaprio)

Réalisateur : Quentin Tarantino | Dans les salles du Québec le 25 novembre 2012 (Alliance Vivafilm)

Que l’on aime ou pas le cinéma de Quentin Tarantino, Django Unchained en surprendra plus d’un… positivement. Abandonnant les dialogues fleuves qui ont fait sa marque de commerce, l’enfant terrible du cinéma américain propose, à l’instar du premier Kill Bill, un divertissement bien dosé, dont la critique sociale est parfaitement en équilibre avec une véritable proposition de septième art.
Au sein d’un récit qui s’étire parfois (à 165 minutes), le plaisir est constant et de tous les instants. Il naît de cette mise en scène virtuose qui fouette les règles et les conventions, revitalisant le genre du western-spaghetti et y intégrant une bande sonore du tonnerre éminemment contemporaine.
S’amusant comme un petit fou avec son histoire particulièrement violente qui aurait facilement pu donner deux films distincts, le créateur de Pulp Fiction n’en oublie pas de multiplier les scènes cultes et les affrontements dantesques, apportant continuellement une profondeur derrière un vernis pimpant et clinquant.
Plus encore que pour ses talents de scénariste ou de réalisateur, l’homme derrière Reservoir Dogs atteint un sommet dans sa façon de diriger ses comédiens. Jamie Foxx est prisonnier d’un personnage un peu ingrat parce que trop linéaire, mais les autres acteurs livrent des prestations mémorables, toujours en contre-emploi. Christoph Waltz est savoureux en gentil trompe-l’œil, Leonardo DiCaprio traumatisera ses fans de la première heure et Samuel L. Jackson incarne un méchant tout simplement diabolique.
Django Unchained est tout ce que le précédent Inglourious Basterds aurait dû être. Un récit de vengeance qui ne passe pas son temps à se regarder le nombril et à multiplier en vain les hommages, mais qui a l’audace d’en mettre plein la vue intelligemment, faisant rire et sursauter au même moment. À première vue, l’effort semble simpliste, s’adressant aux bas instincts de tout un chacun. Mais en regardant de plus près, il possède toutes les qualités d’un grand Tarantino, qui se permet bien entendu de revisiter l’Histoire, comme le faisait Birth of a Nation près de 100 ans auparavant.
 

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