Les Misérables **½

25 décembre 2012

Jean Valjean (Hugh Jackman) fuit son ennemi juré Javert (Russell Crowe) tout en prenant soin de la fille (Amanda Seyfried) d’une ancienne employée (Anne Hathaway).

Réalisateur : Tom Hooper | Dans les salles du Québec le 25 novembre 2012 (Universal Pictures)

Probablement le film le plus attendu de la période de Noël, Les Misérables est le retour au cinéma du réalisateur Tom Hooper deux années seulement après le triomphe de son surestimé The King’s Speech, qui lui a valu quatre Oscars. Le créateur des excellents John Adams et The Damned United s’attaque maintenant au classique de Victor Hugo.
Il n’en fait pas vraiment une adaptation puisque ce très long métrage est plutôt la transposition d’une comédie musicale à succès. Cela peut expliquer pourquoi le livre a été un peu charcuté, surtout durant la première heure qui passe de façon beaucoup trop rapide et schématique sur les grandes lignes de ce chef-d’œuvre. La romance éclipse pratiquement les éléments politiques, quelques personnages plus rigolos et caricaturés prennent une importance démesurée pour contrebalancer les malheurs de l’histoire originale (les surprenants mais ultimement lassants Helena Bonham Carter et Sacha Baron Cohen qui n’ont probablement appris qu’une seule chanson qu’ils récitent en boucle) et la fin fera involontairement hurler de rire tant elle se veut beaucoup trop mélodramatique.
Extrêmement kitch, poussif et appuyé, le récit n’est pourtant pas sans charme ni intérêt. Un grand soin a été apporté à la direction artistique, Hooper prend le temps de filmer en longs plans ses personnages en train de chanter au lieu de se laisser aller à un montage saccadé (ce qui ne se fait pratiquement plus de nos jours) et l’interprétation d’ensemble est loin d’être mauvaise. Il est cependant parfois difficile de croire au jeu lourdaud d’Anne Hathaway et tous les acteurs ne poussent pas la note correctement, mais Hugh Jackman séduit aisément et Russell Crowe personnifie un Javert particulièrement terrifiant.
Même si on adore la fresque originale et les films musicaux, ou si les excès romancés représentent notre tasse de café, on aura un peu de mal à digérer cette version de Les Misérables. Plus l’effort avance et plus les qualités du début se transforment en défauts. Pourquoi avoir sacrifié tel passage pour montrer une énième fois un personnage tourmenté par ses sentiments qu’il ne peut pas contrôler? Pourquoi ne pas s’intéresser plus longtemps aux élans de la révolution plutôt que d’essayer de dresser un inutile triangle amoureux? La musique reste en tête, mais cela donne le goût de relire les mots originaux... ou de revoir une des nombreuses versions cinématographiques, dont celle injustement mésestimée qui mettait en vedette Liam Neeson et Geoffrey Rush.
 

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