La Pirogue ***

8 février 2013

Des Africains sont disposés à tout affronter pour émigrer en Europe, même à prendre une pirogue qui pourrait être leur tombeau marin.

Réalisateur : Moussa Touré | Dans les salles du Québec le 8 février 2013 (K-Films Amérique)

Le cinéma raffole de ces histoires inspirées de faits véridiques où des sans-papiers abandonnent tout pour recommencer à zéro. Bon nombres de ces productions ont vu le jour ces dernières années, la meilleure étant sans doute Welcome de Philippe Lioret.
La Pirogue de Moussa Touré (Toubab Bi) commence au début de cette odyssée. Sans psychanalyser ni expliquer ce qui pousse ses personnages à vouloir prendre la poudre d’escampette, le cinéaste se contente de filmer ces hommes - et femmes – sur le grand chemin qui mettra leur vie en jeu. Le projet semble emprunter les codes du documentaire, mais revient à la fiction le temps de payer un hommage au Lifeboat d’Hitchcock.
Une fois passée la première demi-heure qui s’étire en longueur, le récit de survie peut commencer. Lorsque la mort plane, comme c’est le cas autour de cette pirogue perdue entre ici et là-bas, les mots n’ont pas beaucoup d’importance. Le cinéaste sénégalais saisit cette nuance, préférant montrer de près des corps en lutte et des âmes en peine. Cette volonté de renaître ailleurs force l’admiration, surtout que l’interprétation d’ensemble est particulièrement convaincante.
Malgré une certaine difficulté à émouvoir tant le traitement peut parfois manquer de chaleur (on est à ce chapitre très loin d’El Norte de Gregory Nava), La Pirogue demeure un essai engageant, un brin prévisible mais généralement maîtrisé, qui montre au lieu d’expliquer et suggère au lieu de moraliser. Une quête de courage et de lucidité qui se laisse graduellement apprivoiser.
 

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