Reality (Réalité) ***½

24 mai 2013

Croyant qu’il sera sélectionné à une populaire émission de téléréalité, Luciano (Aniello Arena) met sa vie et celle de ses proches sans dessus-dessous.

Réalisateur : Matteo Garrone / Dans les salles du Québec le 24 mai 2013 (Métropole Films Distribution)

Grand prix du Festival de Cannes en 2012, Reality emprunte le chemin inverse de Gomorra, le précédent film qui a fait connaître son cinéaste Matteo Garrone. Au lieu d’une approche frontale, froide, hyper réaliste et sans concession à la façon d’un documentaire, ce nouveau long métrage se définit plutôt comme un conte dans lequel tout le monde rêve de télé et de célébrité.
À partir d’un sujet banal le metteur en scène force le trait et embrasse goulûment la caricature, offrant une satire mordante de la société et de la famille. À la façon des comédies italiennes des années 70, Reality se veut une ode à cette communauté tissée serrée, dont tous les membres – campés par des acteurs ayant la tête de l’emploi – donnent au résultat final leurs doses d’âme et de rires. L’apport le plus important s’avère toutefois Aniello Arena, interprète incarcéré à perpétuité, qui en fait joyeusement des tonnes et livre une prestation aussi sympathique qu’attendrissante.
Ce qui distingue principalement Reality de ses compétiteurs (et ils sont nombreux, le dernier en liste étant Superstar de Xavier Giannoli), outre le ton affable de son scénario et sa distribution étincelante, c’est la réalisation impressionnante de Garrone. Elle se permet en effet de suivre ses personnages lors de longs plans et retient l’essentiel de ce qui les anime sans trop couper tout en évitant les excès de style. Cet aspect fait souvent toute la différence. Même lorsque les longueurs se font ressentir et que le récit devient prévisible et conventionnel, elle continue à impressionner.
 

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