Rush **

27 septembre 2013

Représentation de la rivalité entre James Hunt (Chris Hemsworth) et Niki Lauda (Daniel Brühl) durant le Grand Prix de 1976.

Réalisé par Ron Howard | Dans les salles du Québec le 27 septembre 2013 (Les Films Séville)

Ron Howard ne semble pas savoir ce qu’il veut filmer dans son Rush. En premier lieu, l’emphase est mise sur la rivalité entre Hunt et Lauda, mais le film se perd rapidement dans la représentation de leurs relations personnelles, éphémères pour l’un et plus régulières pour l’autre. À ce niveau, Rush est à l’image du milieu qu’il représente, c’est-à-dire complètement misogyne. Les personnages féminins ne sont rien de plus que des étendards représentant la matérialisation des enjeux des deux protagonistes et, du coup, l’aspect émotif du film est plombé par sa superficialité.
Évidemment, l’objectif est de faire un portrait édifiant des protagonistes mais, encore une fois, Ron Howard rate la mise par excès de simplicité. L’univers de la F1, tout comme les deux coureurs, est présenté de façon terriblement lisse, sans aspect critique. Les personnages, trop gentils, n’ont qu’un seul défaut leur servant de personnalisation, mais qui sera surmonté d’ici la fin. De plus, le danger de mort omniprésent n’est utilisé que comme obstacle et semble artificiel alors qu’il devrait être bien réel vu le milieu représenté.
D’un point de vue technique, Rush est acceptable. La réalisation d’Howard se concentre trop souvent sur ses symboles, dont les femmes font malheureusement partie, pour posséder le souffle nécessaire durant les courses. Ceci dit, la direction photo, faussement rétro, a un certain cachet kitsch si l’on met de côté son aspect numérique trop évident. C’est ce que le film est, rétro, autant dans son traitement archaïque de la femme que dans sa représentation du sport dans l’une de ses années les plus marquantes. Malheureusement, ce genre de nostalgie a souvent été mieux servi ailleurs.
 

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