Inside Llewyn Davis (Être Llewyn Davis) ****

25 décembre 2013

Au début des années 60 à New York, un chanteur folk (Oscar Isaac) tente de vivre de son art et de faire sa place dans un milieu extrêmement compétitif.

Réalisateur : Joel et Ethan Coen | Dans les salles du Québec le 25 décembre 2013 (Métropole Films)

Les frères Coen devaient se faire pardonner: leur précédent remake de True Grit étant beaucoup plus beau que bon. Ils y parviennent en offrant un de leurs meilleurs films en carrière, victorieux du Grand Prix à Cannes en mai dernier.
Inside Llewyn Davis n’est pas leur opus le plus drôle (The Big Lebowski et Raising Arizona), le plus grave (No Country For Old Men, The Man Who Wasn’t There) ou le plus mémorable (Fargo). On est plutôt dans le gris, dans la grosse mélancolie, dans la lente humiliation progressive et sans fin.
Le protagoniste se sent étranger à son monde et désespère de trouver une façon de s’en sortir. Le poids du monde se trouve sur ses frêles épaules et Oscar Isaac (Drive) l’incarne avec brio. Tel un Buster Keaton des temps modernes, il ressemble constamment à un poisson hors de l’eau, son élément étant plus la musique que les problèmes.
Aussi sage qu’imprévisible, le récit s’apparente à une variation de l’Odyssée d’Homère, avec ses rencontres fortuites et ses combats intérieurs, ses égarements sur la route et ses affrontements. Les frères Coen poussent ce concept déjà exploré dans le savoureux O Brother, Where Art Thou ? encore plus loin, recréant avec moult détails le Greenwich village pré Bob Dylan, livrant au passage une trame sonore exceptionnelle, véritable moteur de l’essai.
Oeuvre à méditer, à la fois tristounette et pince-sans-rire, peuplée d’interprètes inoubliables (Oscar Isaac mérite un Oscar, il ne fait pourtant jamais d’ombre à Carey Mulligan qui passe son temps à sacrer ou à John Goodman, particulièrement inquiétant) et de symboles subtils (le chat roux, par exemple), Inside Llewyn Davis est un véritable baume pour les cinéphiles. Dans la quête du beau et du juste, de la nécessité d’offrir le meilleur art possible sans faire de compromis, les frères Coen sont dans le peloton de tête.
 

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