The Captive (La captive) ***

5 septembre 2014

Lors de la disparition de sa fille de 9 ans, un couple se disloque.

Réalisateur : Atom Egoyan | Dans les salles du Québec le 5 septembre 2014 (Les Films Séville)

Pauvre Atom Egoyan! Après quelques films de nature hollywoodienne, il revient à un cinéma plus personnel et la majorité des critiques lui tombent dessus. Pourtant, son dernier long métrage est nettement plus intéressant que ses précédents Chloe et Devil's Knot.
The Captive n'est pas un grand film pour autant. Cette histoire de rapt d'enfant n'est pas nouvelle et elle a déjà été mieux traitée. Mais le cinéaste canadien y insuffle son style (cette objectivité si glaciale) et ses thèmes de prédilection (voyeurisme, peur de la technologie, relations de pouvoirs, etc.). Il fait cohabiter présent et passé sur la même ligne temporelle, renvoyant aux calendes grecques les accusations de "mise en scène académique" pour faire triompher les affres des souvenirs et des fantômes.
Contrairement aux Prisoners de Denis Villeneuve où la réalisation léchée dédramatise presque la violence, Egoyan opte pour une approche diamétralement opposée, plus proche du conte terrifiant. Il détourne allègrement les pièges et les clichés de la série B avec humour et savoir-faire. Surtout, il n'offre pas tout crû au spectateur ce qu'il attend. Les personnages ne sont pas gentils ou méchants, mais sont tous antipathiques, ce qui oblige le cinéphile à s'intéresser au sort de pauvres mortels dont les motivations sont souvent impénétrables. Et pour une rare fois dans ce genre si populaire, l'intérêt ne réside pas dans le fait de retrouver à temps l'enfant disparu. Les ellipses se déroulent sur une période de huit ans et la vie de la victime est rarement menacée. Le suspense est pourtant entier mais de manière plus intrinsèque, plus psychologique, rendu palpable par des comédiens qui se dépassent (eh oui, Ryan Reynolds est capable de bien jouer).
Bien sûr, on aurait aimé que l'effort soit encore plus maîtrisé, plus implacable, surtout dans sa dernière ligne droite. Le scénario s'enfarge parfois les pieds dans le tapis des invraisemblances et la finale est bâclée, pour ne pas dire ratée. À ce chapitre, ce n'est vraiment pas la meilleure œuvre de son créateur (qui demeure encore à ce jour The Sweat Hereafter). Mais si on s’attend toujours à ça avant de découvrir le nouveau film d'un cinéaste réputé, on ne voudrait plus rien voir de Woody Allen, Martin Scorsese, Steven Spielberg, Terrence Malick, les frères Coen, Paul Thomas Anderson et compagnie, car ils ont déjà offert leurs grands classiques!
 

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