Exodus : Gods and Kings (L'Exode : Dieux et Rois) *

12 décembre 2014

La vie de Moïse (Christian Bale) bascule lorsqu'il apprend qu'il est en fait un Hébreu. Forcé à l'exil par le pharaon d'Égypte (Joel Edgerton), il entreprend une quête spirituelle qui le mènera à la libération de son Peuple soumis à l'esclavage.

Réalisation : Ridley Scott | Dans les salles du Québec le 12 décembre 2014 (20th Century Fox)

Revisitant la célèbre histoire biblique comme l'avait fait avant lui Cecil B. DeMille, le réalisateur britannique Ridley Scott entend en jeter plein la vue juste à temps pour la période des fêtes. Ne lésinant pas sur les moyens dont une distribution de renom (BaleKingsleyWeaver, Edgerton), des effets spéciaux de grande échelle et un récit épique, Scott livre une nouvelle fois un film d'action comme il sait le faire. Pourtant, on ne peut s'empêcher de ressentir une certaine paresse dans l'ensemble.
Le montage (principalement dans le premier tiers) n'apporte pas la tension souhaitée. Ainsi, tous les conflits (la mort du père, la révélation des origines juives, la lutte des esclaves, la colère de Dieu...) qui annoncent les tragédies futures sont traités de manière expéditive (voire simpliste). On a d'ailleurs du mal à se sentir impliqué dans les motivations des personnages, même en connaissent l'histoire de la bible.
De plus, en survolant ainsi la vie de Moïse, le film ne laisse aucune chance aux nombreux personnages (il y en a trop) de se démarquer. D'ailleurs, certains d'entre eux frôlent le ridicule. Christian Bale livre une interprétation sans éclat tandis que le reste de la distribution principale fait pâle figure et se retrouve la plupart du temps à l'arrière-plan.
Au final, Exodus : God and Kings est une œuvre aussi insipide que troublante qui nous confronte à un type de cinéma de divertissement. En voulant divertir pour divertir, le film évacue toute l'ambiguïté morale et religieuse de son sujet au profit de la violence et du sentimentalisme. Cette fois-ci, le prétexte utilisé est une histoire biblique qui importe finalement peu: c'est avec une certaine tristesse et un peu de dépit que l'on constate que ce film est un pur produit de consommation. Le film de Noël par excellence?
 

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