Mary Queen of Scots (Marie Reine d’Écosse) **½

27 mars 2015

Marie Stuart, reine de France et d’Écosse et prétendante à la couronne d’Angleterre, multiplie les alliances et les mariages pour éviter une guerre entre Catholiques et Protestants tout en essayant de maintenir de bonnes relations avec sa sœur Elizabeth, reine d’Angleterre.

Réalisateur : Thomas Imbach| Dans les salles du Québec le 27 mars 2015 (K-Films Amérique)

Raconter la vie d’une reine de sa naissance à sa mort avec un budget modeste relève du défi mais Thomas Imbach y parvient en dressant un portrait intimiste de Marie Stuart, une jeune souveraine tiraillée entre ses désirs de femme et la nécessité d’instaurer une paix durable entre Catholiques et Protestants. Le réalisateur élabore également un jeu de fausses représentations entre les deux reines qui confère au film une belle atmosphère. En effet, le récit s’appuie sur une correspondance épistolaire où seule la voix de Marie se fait entendre. Elizabeth brille par son absence et n’est visible que par l’entremise d’une peinture officielle (dans le cas d’événements protocolaires) ou d’une marionnette en chiffon qu’un amuseur public anime pour divertir les foules. Si le procédé déstabilise au début, il devient vite significatif. On nous épargne aussi les scènes de mondanités interminables et les défilés de costumes propres à ce genre de reconstitution. L’histoire se concentre sur les décisions difficiles que Marie Stuart a dû prendre au cours de sa vie.
Toutefois, à trop vouloir en dire, le film ne fait que survoler les situations sans prendre le temps de développer leur potentiel dramatique et les ellipses trop nombreuses nuisent parfois à la compréhension du récit, surtout en ce qui concerne le conflit opposant Catholiques et Protestants. Mis à part Marie Stuart elle-même, tous les autres personnages sont esquissés grossièrement, y compris ses époux qui ont joué pourtant un rôle décisif dans son existence. On regrette que le contexte historique ne soit pas mieux décrit, de même que les circonstances entourant la fin de cette souveraine qui portait le poids de l’Europe sur ses épaules.
Dans le rôle principal, Camille Rutherford livre une performance naturelle et pleine d’assurance tandis que la réalisation de Thomas Imbach est simple, mais ambiante, privilégiant un éclairage blafard à l’intérieur et des cieux nuageux à l’extérieur, ce qui renforce l’impression d’isolement. En sommes, Marie Reine d’Écosse devrait plaire aux amateurs d’Histoire, d’autant plus que le scénario est adapté d’une biographie écrite par Stefen Zweig. Cependant, les non-initiés risquent de s’y ennuyer.  
 

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