Les oubliés / Land of Mine (Under sandet) ***

24 février 2017

En mai 1945, de jeunes prisonniers allemands sont obligés de déminer des plages du Danemark.

Réalisatrice : Martin Zandvliet | Dans les salles du Québec le 24 février 2017. (Métropole Films)


Depuis le début de la présente décennie, le cinéma danois est en vogue. Il a remporté l'Oscar du meilleur film en langue étrangère (Un monde meilleur), tout en se retrouvant parmi les finalistes à quatre reprises, même si le charme de Mads Mikkelsen (Liaison royale, La chasse) semble avoir été remplacé par le sujet de l'absurdité de la guerre, qu'elle soit présente (La guerre) ou passée (Les oubliés).
Dans ce dernier long métrage, le talentueux réalisateur Martin Zandvliet (Applause, A Funny Man) fait découvrir une facette sombre et trop peu connue de la Seconde Guerre mondiale. C'est d'ailleurs tout ce qu'il y a d'original au sein de son scénario prévisible et convenu, où chaque élément - des jumeaux, un enfant, un chien - possède sa fonction bien précise dans l'histoire. Difficile de vouloir camper un suspense insoutenable alors qu'on s'attend constamment à ce qu'un des personnages se fasse exploser, surtout lorsque les plans larges abondent juste avant la déflagration fatale et que la musique appuyée tente de soutirer quelques larmes.
Il faut plutôt regarder ailleurs pour être satisfait. Aidé par une mise en scène rigoureuse, le film joue avec beaucoup d'adresse avec les couleurs et les textures, l'ombre et la lumière, créant de magnifiques toiles impressionnistes où le sable devient pratiquement un protagoniste. La direction d'acteurs est également impeccable. Bien que la dichotomie soit forte au sein de ces gentils et de ces méchants, les comédiens qui les incarnent livrent des performances soutenues, principalement Roland Moller en chef d'abord intraitable qui se laisse peu à peu attendrir par les hommes à sa charge.
Moins mémorable que ses concurrents aux Oscars Toni Erdmann et Le client mais beaucoup plus intéressant que A Man Called Ove, Les oubliés ratisse large et représente un cinéma d'auteur avec une portée universelle et accessible. Les coins sont parfois coupés un peu rond et quelques ficelles font chuter le récit dans la facilité, mais dans l'ensemble, il s'agit d'une création de qualité, fignolée et appliquée, qui ressemble au travail d'un élève qui aimerait bien se faire recruter par les studios américains. Cela risque bien de lui arriver: le prochain film de Martin Zandvliet (intitulé The Outsider) doit justement mettre en vedette Jared Leto et Tadanobu Asasno.
L'avis de la rédaction :

Martin Gignac: ***
Jean-Marie Lanlo: ***
Pascal Grenier: **½
Ambre Sachet: ***
 

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