The Riot Club**½

27 mars 2015

Fraîchement arrivés à l’université d’Oxford, Miles et Alistair tenteront par tous les moyens possibles d’intégrer le Riot Club, une fraternité étudiante vieille de trois siècles réputée pour sa débauche et ses excès.

Réalisateur : Lone Scherfig | Dans les salles du Québec le 27 Mars (SVBiz)

Au détour d’une conversation qui a lieu très tôt dans le film, un personnage énonce fièrement que le Riot club, c’est de la débauche élevée au rang de l’art. Pour convertir ces mots en images, Lone Scherfig doit tout d’abord passer par une première partie aussi prévisible qu’inégale dans laquelle elle met en place ses personnages en en présentant la psychologie et les classes sociales dont ils sont issus. Le film enchaîne mécaniquement les allées et venues entre classe, chambres et bars sur fond de camaraderie qui ne sont pas sans évoquer l’esprit du film Le cercle des poètes disparus, mais auquel on aurait infusé une belle dose de noirceur et de cynisme façon David Fincher.
C’est une jeunesse privilégiée qui pue l’argent, odieuse dans son rapport aux classes moins aisées que nous présente Scherfig. L’intérêt pour son film (et ses personnages) prend réellement forme dans la seconde partie, le temps d’une longue et cruelle séquence d’initiation au Riot Club dans un restaurant familial qui servira de décor aux plus bas instincts. Mixé à l’alcool et aux drogues, ce rituel est une succession de gestes et de paroles indigestes qui finit par tourner très mal. Le mauvais goût et la brutalité atteignent des proportions inimaginables, ce qui est bien évidemment l’objectif recherché. Scherfig met en images et en huis clos un monde dégénéré, insensible, vidé de toute décence ou morale. Le pouvoir de leurs familles fortunées et de leur argent permet aux membres tous les excès (une call-girl humiliée, le propriétaire tabassé jusqu’à être conduit à l’hôpital, le restaurant saccagé) car tout s’achète à leurs yeux. Leur fortune leur assure l’impunité pour leurs actes, leur promettant un avenir sécurisé, comme en témoigne le dernier plan du film.
Cette réalité, Scherfig la documente, au plus près de sa bassesse, de manière implacable.
 

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