Jimmy’s Hall (La salle de danse) **½

17 juillet 2015

De retour en Irlande après dix ans d’exil, Jimmy Gralton (Barry Ward) décide le rouvrir la salle de danse qui avait semé la controverse autrefois et dont la vocation libérale choque à nouveau le clergé et la droite conservatrice.

Réalisateur : Ken Loach | Dans les salles du Québec le 17 juillet 2015 (Métropole Films)

Jimmy’s Hall est l’un de ses films engagés auxquels Ken Loach nous a habitués au fil des ans. Campé dans l’Irlande rurale de 1932, son film retrace les efforts d’une petite communauté pour retrouver la joie de vivre. Le vent de changement qui souffle sur le pays sera vite balayé lorsque le clergé et les riches propriétaires terriens verront leur suprématie menacée par les discours libéraux de Jimmy Gralton (1886-1945), un athée aux idéaux vaguement communistes qui prône la musique, la danse et la culture, bref toutes ces activités subversives qui ont tendances à détourner les ouailles du droit chemin.
On ne peut reprocher à Ken Loach de manquer de clarté dans son propos. La droite catholique oppressant la classe ouvrière est ici dépeinte sans subtilité. Les sermons du curé sont de parfaits exemples de démagogie réactionnaire et tout ce prêchi-prêcha, de part et d’autre, finit par réduire le film à un simple pamphlet au refrain maintes fois entendu. Sans jamais prendre le temps de laisser vivre ses personnages, le récit se contente de mettre en opposition des idées et des valeurs jusqu’à l’affrontement ultime. La révolte qui s’en suit, après l’expulsion d’un paysan par un riche propriétaire, aurait d’ailleurs mérité un meilleur traitement. De toute évidence, le réalisateur préfère les beaux discours à l’action et par conséquent, le film s’embourbe dans la redite au lieu de dresser un portrait historique et vivant de la situation.
Malgré tout, Jimmy’s Hall se laisse regarder sans ennui. La photographie est magnifique et nous donne vraiment la sensation de voyager dans l’Irlande d’autrefois tandis que les verts pâturages impressionnent par leur pouvoir d’évocation. Il faut également mentionner l’interprétation des acteurs qui semblent tous sortis d’une autre époque et confèrent à l’histoire une crédibilité incontestable. N’eut été de tout ce bavardage convenu, le film aurait gagné en substance. Il demeure néanmoins un plaidoyer sincère en faveur de la liberté d’expression.
 

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