13 Hours : The Secret Soldiers of Benghazi (13 heures : le secret des soldats de Benghazi) *½

15 janvier 2016

Le 11 Septembre 2012, des terroristes attaquent un camp des missions spéciales de l’armée américaine et une agence de la CIA voisine à Benghazi, en Libye… Une attaque repoussée par six anciens militaires affectés à la protection de la CIA.

Réalisateur : Michael Bay | Dans les salles du Québec le 15 Janvier (Paramount)

Après l’abrutissant Pain&Gain (qu'Olivier Bouchard avait cependant apprécié en son temps, lire sa critique), Michael Bay revient à la charge avec ce nouvel opus inspiré d’une histoire véridique plutôt récente. Faussement politique, 13 Hours commence avec des images d’archives (alibi toujours commode pour gagner une certaine crédibilité) nous présentant la chute de Kadhafi puis le chaos qui régna en Libye par la suite. Dans une première partie peu concluante, Bay déroule une longue présentation de ses héros en devenir: des Américains soudés entre eux par leur sens du devoir et éloignés de leur famille. C’est également le prétexte pour Bay de nous servir son portrait de la virilité américaine à son plus beau (gros plans sur les muscles et humour à l’appui), ne manquant pas d’évoquer les relations hostiles entre ces hommes de terrain − d’action ! − et leur hiérarchie peu réactive.
Malgré une séance de poursuite en plein jour assez efficace et des acteurs tous crédibles dans les rôles qu’on leur a assignés, l’intérêt de Bay pour cette histoire se trouve ailleurs. Il est clairement dans sa seconde partie plus musclée et pétaradante, où enfin le film rentre de plain-pied dans l’action, terrain de prédilection du réalisateur américain. Il faut dire que cette histoire de bâtiment en état de siège pendant une nuit offrait à Bay un dispositif de mise en scène parfait pour s’adonner à sa débauche habituelle d’artillerie lourde, d’action sans répit et d’héroïsme… qui laissera progressivement place à la peur et au défaitisme. À la limite de la lisibilité Bay filme à tout-va, de manière instable et dans une surenchère qui donne l’impression troublante de faire partie de l’action sur le terrain, mais qui atteint rapidement ses limites.
Pas loin d’un dispositif de jeu vidéo, épousant parfois le point de vue subjectif des soldats à travers leur objectif, capturant l’ennemi comme une figure lointaine et indiscernable, 13 Hours plaira certainement à certains fans de cinéma d’action. Les spectateurs plus méfiants n’y verront rien d’autre qu’une inutile et indécente tentative du père des Transformers à se frotter au réel, réduit, ici, à un simple terrain de jeu et d’action spectaculaire avec lequel il peut jouer à sa guise. Ils constateront au passage qu’en 20 ans de cinéma Michael Bay n’a guère évolué.
L'avis de la rédaction :

Sami Gnaba: *½
Jean-Marie Lanlo: *
Martin Gignac: *½
 

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