Sing Street ***

29 avril 2016

Dans le Dublin des années 80, en plein crise économique, Conor est forcé par ses parents de quitter son lycée privé pour rejoindre l’école publique. Isolé et confronté à l’autorité rigide du directeur, il a du mal à trouver sa place. Un jour pour se rapprocher d’une fille qu’il tente de séduire, il lui propose de tourner dans un clip pour son groupe de musique. Elle accepte, mais Conor n’a pas de groupe… Il ne lui reste qu’à en former un.

Réalisateur : John Carney | Dans les salles du Québec le 29 avril 2016 (Remstar)

Après deux films aux succès variables (Once, New York Melody), John Carney confirme avec Sing Street qu'il aime la musique, dont il célèbre ici le caractère transgressif et émancipateur. Tournant le dos à la comédie romantique, il propose cette fois une histoire et un genre (le coming-of-age) abondamment explorés par le passé, résultant le plus souvent en des objets oubliables. Heureusement pour Carney, Sing Sreet appartient à la catégorie des belles réussites, à l’instar de Me, Earl and The Dying Girl sorti l’an dernier.
De ce genre plutôt casse-gueule, Carney n’esquive ni les situations les plus convenues, ni les clichés les plus usés (le cadre familial morose, le jeune outsider timide cherchant sa place, la rencontre fortuite avec une fille stimulant chez le garçon le désir de former un groupe). Pourtant ces écueils sont rapidement transcendés par une mise en scène toujours juste, et un regard sur ces jeunes d’une tendresse particulièrement émouvante. Avec une compréhension authentique et sentie de ses personnages, Carney les accompagne jusqu’au bout de leurs tribulations (la transformation, les looks de Conor).Il sonde au plus près leurs désirs, joies et doutes comme s’ils étaient les siens, comme s’ils surgissaient de sa vie passée où il était musicien lui-même, de cet autre âge révolu, ingrat, marqué par la solitude et ouvert à tous les possibles : l’adolescence.
Attestant d’un grand soin dans sa reconstitution de l’époque et porté par les musiques entêtantes de la new-wave, Sing Street compose un merveilleux portrait d’adolescence dans lequel tout le monde peut se reconnaître. La sensibilité et le charme comique évoquent tantôt les beaux jours du cinéma musical de Cameron Crowe (Almost Famous) tantôt les personnages adolescents excentriques de Michel Gondry (Microbe et Gasoil) et de Wes Anderson…
Malgré les quelques maladresses et longueurs dans le dernier tiers, John Carney signe là son meilleur film à ce jour.
L'avis de la rédaction :

Sami Gnaba: ***
Olivier Maltais: ***½
 

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