Snowden **

16 septembre 2016

Le survol de la carrière d’Edward Snowden au sein des services secrets américains jusqu’à ce qu'il divulgue des secrets de l’État, jugeant immorale (et illégale) l’utilisation des ressources gouvernementales.

Réalisateur : Olivier Stone | Dans les salles du Québec le 16 septembre (Remstar)

La question qui se pose en entrant dans le dernier film d'Oliver Stone est de savoir comment cette fiction va pouvoir justifier son existence, si peu de temps après la sortie du pertinent et excellent documentaire Citizenfour. Revisitant les entrevues et les échanges avec Laura Poitras et les journalistes du Guardian, Oliver Stone s’en sert comme point de départ pour explorer le passé du jeune dénonciateur. Ainsi, au lieu de se concentrer surtout sur les crimes du gouvernement américain, Stone explore plutôt leur place dans le processus de transition du parfait patriote en ennemi public numéro un. Le scénario, étonnamment similaire au récent Captain America : The Winter Soldier, critique fortement le gouvernement américain, qui est ici décrit comme l’artisan de sa propre chute.
L’idée est malheureusement plus excitante que sa mise en oeuvre, même si le résultat n'est pas pour autant un échec complet. Pendant une bonne partie des deux heures quinze du long métrage, Stone et Cie concoctent un thriller d’espionnage compétent et énergique qui, sans être subtil, reste divertissant. Les questions morales sont soulevées, les acteurs sont corrects, le montage est dynamique et Nicolas Cage y joue même un petit rôle! Par contre, dans le sprint final, le propos patriotique exagéré enfle au point de prendre toute la place, atteignant une masse critique qui gâche l’effort.
L’histoire de l’héroïsme de Snowden est puissante en soi et, malgré son exil en Russie, l’individu est si révéré que très peu questionnent réellement la moralité de ses actes. Le film appuie ainsi sans arrêt sur la noblesse américaine de son protagoniste et sur la justesse profonde de ses actions, au point de sombrer dans la parodie accidentelle. On cherche si fort à nous convaincre que nous venons d’assister aux actions d’un William Wallace de l’Internet (une conclusion à laquelle nous étions déjà arrivés par nous-mêmes) que l’on tourne rapidement en rond.
L’aboutissement est dommage, puisqu’une dramatisation qui ne se tape pas dans le dos avec autant d’entrain aurait accompli avec beaucoup plus d’efficacité l’objectif fixé. Les faits parlent d’eux-mêmes, si seulement Stone n’insistait pas pour avoir le dernier mot.
L'avis de la rédaction :

Olivier Maltais: **
Jean-Marie Lanlo: **
Martin Gignac: **
 

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