Embrasse moi comme tu m'aimes ***

16 septembre 2016

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Pierre Sauvageau (Émile Schneider) voudrait bien s'engager dans les forces armées… mais il hésite en raison de l’attention que requiert sa ravissante et infirme soeur jumelle Berthe (Juliette Gosselin), qu’il aime d’un amour plus que fraternel.

Réalisateur: André Forcier | Dans les salles du Québec le 16 septembre 2016 (Filmoption)

Avec Embrasse-moi comme tu m’aimes, André Forcier nous offre un film presque charmant! En mélangeant une bonne dose de mélo, de feuilleton délicieusement vieillot, de comique parfois à la limite du burlesque et une petite pointe de provocation somme toute assez inoffensive, il parvient à créer un tout relativement cohérent, qui enchante avant tout par son charme un peu foutraque. Parfois touchants sous la couche d'excès qui les recouvre, les personnages sont de surcroît interprétés par une multitude de comédiens qui semblent tous prendre un indéniable plaisir à participer à l'aventure. Ainsi, parmi les rôles secondaires, quelques gros noms semblent s’amuser comme des fous: Julien Poulin éructe avec délectation dans le rôle de l'instructeur militaire, le beau Roy Dupuis et sa gueule de Christ vieillissant campe avec conviction un être ignoble, Céline Bonnier se lâche en veuve déchaînée, Patrick Drolet excelle en amoureux maladroit et Raphaël Lacaille (Jo pour Jonathan) s'offre une prestation purement burlesque et assez irrésistible... même si elle relève plus de la figuration que du second rôle!
Du côté des premiers rôles, Émile Schneider est impeccable. Plus sobre que beaucoup d'autres, il apporte (tout comme son personnage) la petite dose de sérieux qui permet au film de trouver son équilibre. En jumeau follement amoureux de sa jumelle handicapée, il parvient à donner au film une dimension supérieure au simple fourre-tout lassant: petit à petit, la farce devient discrètement (mais sans trop se prendre au sérieux) le portrait d'un jeune homme apprenant à être adulte en oubliant une culpabilité qui le hante au point de pervertir ses songes. Ce petit plus donne assez de liant au film pour lui permettre de convaincre.
L'année étant celle qu'elle est, le dernier Forcier est même probablement un des meilleurs films québécois de 2016… du moins pour l’instant. Mais tout cela devrait changer bientôt!
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: ***
Martin Gignac: ***½
Olivier Maltais: ***½
 

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