Cinemania 2016: Réparer les vivants ***½

13 novembre 2016

(Réalisatrice: Katell Quillévéré)

Avec Réparer les vivants, adaptation du roman à succès de Maylis de Kerangal, Katell Quillévéré ose faire un choix particulièrement risqué en divisant son film en trois parties très distinctes, qui optent de surcroît pour un ambitieux decrescendo.
La courte première partie, impressionnante, nous plonge dans la fougue de la jeunesse et suit ses personnages dans une course à la vie effectuée en skate, à vélo, en surf et en voiture jusqu'au drame qui permettra au film d'entrer dans le vif du sujet. Si cette partie est globalement très réussie, nous en retiendrons surtout les impressionnantes séquences de surf (ou celle de l'accident) qui nous prouvent que Katell Quillévéré n'est pas uniquement une cinéaste de personnages, mais qu'elle peut se permettre quelques prises de risque visuelles qu'elle maîtrise à la perfection!
Elle délaisse pourtant vite cette approche dans la seconde partie, qui se focalise sur des personnages devant faire face à un drame terrible (la mort du fils). La sensibilité de Katell Quillévéré, la justesse de l'écriture et de l'interprétation lui permettent de nous livrer une partie très émouvante qui ne cède jamais aux facilités lacrymales malgré la lourdeur du sujet.
Son ultime prise de risque consiste à aller toujours plus loin! Après les effets visuels et les potentialités mélodramatiques, elle opte pour une troisième partie plus froide. Le dernier segment du film est en effet grandement consacré à la description administrative et chirurgicale d'une greffe d'organe. Pourtant, même si cette partie est moins spectaculaire ou moins émouvante que les parties précédentes, elle est essentielle car elle donne tout son sens au film (et à son titre). Elle nous dévoile comment, de manière presque mécanique, des hommes et des femmes peuvent accomplir un miracle à partir d'un drame: redonner espoir et vie à des malades en recyclant et remplaçant des organes devenus inutiles.
Intelligemment, Katell Quillévéré conserve cependant un regard compassionnel indispensable pour insuffler à ce dernier segment la force qu'il mérite... sans toutefois sombrer dans le pathos.
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: ***½
Martin Gignac: ***
Olivier Maltais: **½
 

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