Les fleurs bleues / Afterimage (Powidoki) ***½

24 mars 2017

Dans la Pologne d'après-guerre, le peintre Wladyslaw Strzeminski (Boguslaw Linda) a maille à partir avec le régime communiste de son pays.

Réalisatrice : Andrzej Wajda | Dans les salles du Québec le 24 mars 2017 (EyeSteelFilm Distribution)

Les fleurs bleues est le premier film d'Andrzej Wajda à prendre l'affiche officiellement au Québec depuis son grandiose Katyn (2007). Il s'agit également de son ultime long métrage, le cinéaste polonais étant décédé en 2016 à l'âge vénérable de 90 ans. Bien que mineure au sein d'une immense filmographie parsemée d'opus foudroyants (Cendres et diamant, La terre de la grande promesse, Les demoiselles de Wilko), cette 65e création s'avère un testament plus qu'enviable.
On y retrouve d'ailleurs un condensé de toutes les obsessions du réalisateur: les répercussions de la Seconde Guerre mondiale, la solidarité insouciante de la jeunesse face au régime en place et un jeu constant entre le réel et la fiction. Les fleurs bleues n'est d'ailleurs pas à proprement parler un biopic sur un artiste d'exception, mais avant tout une chronique politique d'un être important qui, à l'instar des protagonistes des illustres L'homme de marbre et L'homme de fer, se font continuellement harceler et censurer par les autorités en place.
Bien sage à côté de flamboyants drames historiques comme Danton, Les fleurs bleues est à l'image de son héros: un individu amputé d'une jambe et d'un bras qui encaisse les coups. La mise en scène plus chronologique et fonctionnelle que d'habitude (on est loin de Paysage après la bataille) n'en demeure pas moins élégante de retenue, formellement travaillée - quelques plans ressemblent à des tableaux - quoiqu'un brin poussiéreuse. Wajda est un maître du symbole et on retient ici ses deux superbes introductions : sa traditionnelle visite au cimetière (qui donne l'essence du titre français) et cette façon de lier les personnages à des époques (l'ex-épouse représente l'ancien régime alors que la fille est l'espoir de beaux lendemains). La direction d'acteurs, toujours très solide, est dominée par la performance puissante de Boguslaw Linda, plus connu pour avoir campé le rôle principal du passionnant Blind Chance de Kieslowski.
Même s'il manque un peu de profondeur et d'une véritable déflagration cinématographique, Les fleurs bleues est un chant du cygne plus que recommandable, qui donnera probablement le goût de se replonger dans les précédentes fresques d'Andrzej Wajda.
L'avis de la rédaction :

Martin Gignac: ***½
Jean-Marie Lanlo: ***½
Olivier Maltais: ***
Ambre Sachet: ***
 

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