Window Horses - The Poetic Persian Epiphany of Rosie Ming (La vie en Rosie) ***

16 mars 2017

Rosie Ming participe à un festival de poésie en Iran, ce qui lui permet d'en savoir davantage sur les origines de son père disparu.

Réalisatrice : Ann Marie Fleming | Dans les salles du Québec le 17 mars 2017. Métropole Films)

Il y a pratiquement deux films au sein de ce long métrage animé d'Ann Marie Fleming, qui a adapté pour l'occasion son propre roman graphique. Le premier, touché par la grâce, laisse triompher le pouvoir des mots et de la poésie, permettant ainsi à la beauté de triompher. Cela donne quelques magnifiques scènes lyriques à couper le souffle, dont des moments récités qui multiplient les frissons d'extase.
Le second, plus didactique, explique tous les enjeux et revient sur les fondations des pays abordés en insistant allègrement sur les morales, comme si le film possédait une fonction pédagogique et qu'il avait pour mandat d'instruire une clientèle cinéphile âgée de huit ans. Cet aspect enlève une bonne partie de son charme, ramenant peu à peu le récit dans des formats plus balisés qui l'empêchent d'être le Persepolis de sa génération.
On se laisse pourtant happer par ce joli conte sur l'héritage de ses ancêtres, qui se permet de mélanger cultures canadiennes, perses et chinoises. Son originalité est vive et son approche graphique, peu convaincante de prime abord, surprend par sa souplesse et sa polyvalence. L'héroïne espiègle s'avère très attachante (belle idée d'avoir confié sa voix à Sandra Oh) et le scénario ponctué de moments attendus a l'intelligence de se métamorphoser en cours de route, troquant la raison pour l'émotion. Il est alors difficile de ne pas avoir l’œil triste vers la fin, alors qu'une ellipse scelle le destin d'un personnage important.
Passant tout près d'être une oeuvre merveilleuse, Window Horses a parfois un peu de difficulté à bien intégrer ses deux identités (cinématographiques et éducatives). Elle y parvient tardivement sans toutefois posséder le même pouvoir d'évocation que La tortue rouge ou Ma vie de courgette. Il est pourtant difficile de ne pas adhérer à cette production imparfaite mais authentique, au cœur gros comme ça, qui ose explorer un sujet comme la poésie, rarement traité dans le cinéma d'animation.
L'avis de la rédaction :

Martin Gignac: ***
Olivier Maltais: **½
Ambre Sachet: ***
 

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