The Lost City of Z ***½

21 avril 2017

Un colonel britannique (Charlie Hunnam) tente désespérément de découvrir une ancienne cité perdue dans la forêt amazonienne.

Réalisatrice : James Gray | Dans les salles du Québec le 21 avril 2017. (Entract Film)

Depuis plus de deux décennies, James Gray est un des cinéastes les plus importants du cinéma américain (avec notamment des films comme Two Lovers, We Own the Night et The Yards).
Après l'ambitieux et superbe The Immigrant, le réalisateur magnifie avec The Lost City of Z le roman de David Grann, lui-même inspiré d'une histoire vraie. Dans la lignée d'Herzog et de ses classiques Aguirre et Fitzcarraldo, c'est la folie d'un homme perdu qui est représentée à l'écran. Le film est magnifiquement photographié par Darius Khondji qui offre des plans à couper le souffle. Techniquement il s'agit d'une véritable merveille, peut-être la plus renversante depuis The Revenant d'Inarritu.
Malheureusement, le lyrisme et l'émotion ont un peu de difficulté à filtrer. Gray aborde pourtant ses thèmes fétiches - l'héritage familial destructeur, la nécessité de s'acclimater à un nouveau territoire, le lien transcendant avec le sacré - tout en offrant une mise en scène d'un classicisme admirable que n'aurait pas renié Lean. Il atteint même un niveau d'abstraction et de contemplation lors de moments dans la jungle. Pourtant, certaines ellipses plus maladroites alourdissent le récit et mettent des bâtons dans les roues à une création un peu longuette (plus de 140 minutes)... qui aurait mérité d'être davantage développée! Ce souffle supplémentaire lui aurait ironiquement permis de trouver son rythme et d'atteindre un équilibre à l'image des immenses fresques de Kubrick et Coppola.
Le choix de Charlie Hunnam dans le rôle principal n'était peut-être pas non plus le meilleur. Bien que l'acteur ne soit pas mauvais, Robert Pattinson qui incarne un de ses amis, aurait offert un jeu plus complexe (tout comme Brad Pitt, qui devait initialement tenir le rôle).
Malgré ces quelques bémols, The Lost City of Z demeure une oeuvre de qualité supérieure, épique et immersive, qui mérite d'être découverte dans les salles. Gray y ose un cinéma aventureux, plein d'âme et tourné en 35mm. Il ne sacrifie pour autant en rien l'intimité de ses personnages, dont les images dévorées par l'ombre et la lumière s'apparentent à de véritables toiles. L'exquis dernier plan restera d'ailleurs marqué dans les esprits.
L'avis de la rédaction :

Martin Gignac: ***½
Jean-Marie Lanlo: ***½
Olivier Maltais: ***
 

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