21 mars 2019

★★★★ | Les éternels / Ash Is Purest White (Jiang hu er nü)

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Réalisé par Jia Zhangke | Dans les salles du Québec le 22 mars 2019 (EyeSteelFilm)
Figure de proue de la sixième génération du cinéma chinois, le réalisateur Jia Zhangke confirme sa place importante parmi les grands du cinéma contemporain avec Les éternels, son neuvième long métrage de fiction. De film en film, il continue son exploration de sa Chine natale à travers son évolution et ses nombreux changements sociétaux. Présenté en compétition à Cannes l’an dernier, Les éternels est une longue fresque d’amour s’échelonnant sur plus de 15 ans entre une danseuse et un gangster, membre des triades. Bâti sous la forme d’un polar dont l’action est divisée en trois segments se déroulant entre 2001 et 2017, le film permet à Zhangke de dépeindre une nouvelle fois une société dans laquelle l'économie connait une croissance, au même titre que la pauvreté et le crime.
C’est dans la ville de Datong de la province de Shanxi que la grande majorité de l’action se situe. Le cinéaste raconte l’histoire d’un amour éternel à travers le destin de ses deux personnages principaux. Dans le rôle de Qiao, Zhangke retrouve son actrice fétiche Zhao Tao (qui fait partie de la distribution de tous ses films depuis Platform, son deuxième). Elle incarne avec une justesse d’émotion peu commune cette femme qui va tout sacrifier pour sauver l’homme de sa vie lors d’une violente et sauvage scène de bagarre. Liao Fan (la révélation de Black Coal Thin Ice, Ours d’argent du meilleur acteur à Berlin en 2014) est tout aussi épatant dans le rôle de Bin, ce gangster qui n’a pas froid aux yeux et qui se prend pour un puissant caïd des triades de sa région.
Entre le drame social et le polar romantique, Les éternels fait mouche et se transforme en fable émouvante sur un amour éternel et impossible dans un monde capitaliste.
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