The Tale of Princess Kaguya (Kaguyahime no monogatari) ***½

13 février 2015

Critique rédigée dans le cadre du FNC 2014

Un paysan découvre une petite fille dans la tige d'un bambou. Il élève comme sa fille cette princesse que vont vite convoiter les princes les plus influents.

Réalisateur: Isao Takahata | Dans les salles du Québec le 13 février 2015 (Cinéma du Parc)

The Tale of Princess Kaguya devrait être le dernier film de Isao Takahata (le réalisateur du sublime Le tombeau des lucioles)... L'information est attristante, mais il serait dommage de réduire le film à cela! The Tale of Princess Kaguya est en effet avant tout l'adaptation d'un conte japonais majeur par un grand cinéaste d'animation qui semble avoir voulu mettre fin à sa carrière de manière exemplaire.
La première partie (rurale) est d'ailleurs un véritable enchantement qui s'appuie à merveille sur un graphisme doux et poétique aux allures d'aquarelle et sur des petites touches d'humour et de tendresse toujours bienvenues. La partie suivante, citadine, est peut-être un peu plus laborieuse, jusqu'à une scène de rêve sous forme d'un retour vers la forêt des origines, simplement magnifique. Plus charbonneuse et plus abstraite, mais surtout bouleversante de beauté, cette courte scène parvient à restituer de manière presque physique la notion de besoin vital de fuir. Le travail sur la bande son, parfaitement complémentaire de la perfection graphique, contribue à en faire une des plus belles scènes vues au cinéma cette année (à moins qu'il ne s'agisse tout simplement de la plus belle?).
Malheureusement, nous aurons du mal à nous en relever. Par la suite, l'intrigue s'étire et le film donne l'impression de ne pas savoir se remettre d'une perfection venue trop tôt. L'univers visuel et l’illustration musicale sont certes toujours très soignés mais plus rien ne parviendra à nous faire oublier ces instants d'incroyable beauté.
Qu'importe, rien que pour ces quelques minutes de génie, The Tale of Princess Kaguya est à ne manquer sous aucun prétexte (d'autant plus que, malgré sa relative faiblesse par rapport au reste du film, la dernière partie reste tout de même très largement supérieure à la moyenne de ce qui se fait dans le genre).
 

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