Belle Épine ***½

10 juin 2011

Prudence Friedman (Léa Seydoux), 17 ans, se retrouve seule dans l'appartement familial. Elle cesse de fréquenter son lycée et rencontre Marilyne (Agathe Schlencker), qui lui fait découvrir le circuit clandestin de Rungis où s'affrontent le soir venu les motocyclistes en manque d'adrénaline de la région...
Sa quête de liberté passera-t-elle par eux?

Réalisatrice: Rebecca Zlotowski / En salles le 10 juin 2011 (K-Films Amérique)

Belle Épine vient compléter la liste, qui commence à être impressionnante, des premiers films français aux styles très différents réalisés par des jeunes femmes talentueuses (Après Tout ce qui brille, Qu'un seul tienne et les autres suivront, Un poison violent, etc.). Si l'influence de Pialat est palpable dans Belle Épine, Rebecca Zlotowski ne se laisse pourtant jamais étouffer par son emprise. Son beau portrait d’une jeune fille (Léa Seydoux), peu bavard ou explicatif, regorge de sujets traités avec finesse et sensibilité: l'adolescence, le deuil, le désœuvrement, l'apprentissage chimérique de la liberté. En quelques plans, avec sa lumière sombre, son atmosphère hors du temps (vinyles, vieux bus et blousons noirs... qui ne donnent pourtant jamais le sentiment de la reconstitution), son décor de banlieue triste et son réalisme social régulièrement contredit par une impression étrange d'évoluer dans un ailleurs (à laquelle n'est pas étrangère l'excellente bande-son), la jeune réalisatrice parvient à donner vie de manière particulièrement convaincante à un beau personnage à la fois omniprésent et secret.
Vous l'aurez compris, en suivant avec une minutie envoûtante le parcours de cette Prudence Friedman vers la lumière, Rebecca Zlotowski s'affirme d'emblée comme une cinéaste à suivre.
 

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