Detective Dee : Le mystère de la flamme fantôme / Detective Dee and the Mystery of the Phantom Flame *** / *

16 septembre 2011

En 690, alors qu’on se prépare à couronner Wu Ze Tian, une série de meurtres mystérieux menace l’impératrice, son entourage et le début des célébrations. La souveraine fait appel au détective Dee (Andy Lau), un valeureux limier en exil depuis huit ans. Voulant entrer dans ses bonnes grâces, le détective Dee accepte d’enquêter.

Réalisateur : Tsui Hark | En salles le 16 septembre 2011 (Cinéma du Parc)



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On nous annonce le retour en force de Tsui Hark depuis le passage remarqué de Detective Dee au Festival de Vénise édition 2010. On y retrouve tous les éléments qui ont fait de lui une figure marquante du cinéma d’action des années 90. Chez Tsui Hark, tout est spectacle, mais heureusement, tout est également mis en scène. Detective Dee est certes brouillon et incapable d'émouvoir, mais il parvient à donner un souffle original et épique à l’imagerie folklorique chinoise. Malgré ses allures d'ébauche imparfaite et ses images de synthèse qui ne parviennent jamais à convaincre, le film fonctionne par son essence, c'est-à-dire, par ses idées et son sens du spectacle : un cerf qui s’exprime par le biais d'une ventriloque; des hommes qui, grâce à l'acuponcture, peuvent changer complètement d'apparence; un homme volontairement aveugle grâce à des pétales blancs posés sur ses pupilles; une époustouflante scène de bataille entre un homme qui cherche à ce qu’une femme lui rase la barbe. Ainsi, plusieurs idées sont imbriquées les unes dans les autres pour former un tout à peine cohérent, mais certainement obstiné dans sa tentative loufoque d'en former un, au nom du spectacle et du divertissement, pour l’amour du cinéma populaire, au sens feuilletonesque, romanesque, fou… pour le plaisir du plaisir.


Jean-Marie Lanlo avait été beaucoup plus sévère avec le film à l'occasion de sa projection au festival Fantasia. La preuve avec un extrait de son texte:

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Alors que de nombreux observateurs vantent les mérites de ce Detective Dee and the Mystery of the Phantom Flame, votre serviteur ne voit dans le dernier Tsui Hark qu’une tentative ratée de mélanger les genres, et dans son second degré un arbre qui cacherait une forêt de manque d’inspiration. Bien sûr, le film possède des qualités graphiques (même les yeux bandés, Tsui Hark resterait meilleur que bien d’autres dans ce domaine), mais l’ensemble particulièrement laborieux et poussif ne décolle jamais, les touches d’humour sont aussi nombreuses que peu inspirées et le plaisir probablement pris par Tsui Hark à jouer avec les codes du genre n’est jamais communicatif.
 

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