Trishna ***

27 juillet 2012

Jay Singh (Riz Ahmed), un indo-britannique de bonne famille, fait la connaissance de Trishna (Freida Pinto), une jeune et belle paysanne. Il l’aide en lui offrant un poste dans un des hôtels de son père avant d'entamer avec elle une relation passionnell, bientôt mise à mal par le fossé qui sépare leurs conditions respectives.

Réalisateur: Michael Winterbottom | Dans les salles du Québec le 27 juillet 2012 (Métropole Films Distribution)

Trishna, transposition du roman de Thomas Hardy, Tess of the d’Urbervilles dans l’Inde d’aujourd’hui, semble surtout donner l’occasion à Michael Winterbottom de filmer l’Inde. Il commence par filmer l’Inde des touristes, enchaîne sur celle des autochtones avec un égal talent... mais ce que l’on imaginait n’être qu’une introduction n’en est visiblement pas une. Jamais en effet Winterbottom ne parvient à quitter cette approche pour en venir au réel sujet du film (une femme prise entre son amour et les conventions).
Comme il semble vouloir tout nous montrer de l’Inde contemporaine, les scènes s’enchaînent vite. Dans un premier temps, lorsque l’intrigue se met en place, le résultat est même particulièrement plaisant. Malheureusement, lorsque la relation entre les deux personnages se complexifie, le procédé montre ses limites. Comme Michael Winterbottom fait très intelligemment le choix de privilégier l’intériorisation des sentiments en refusant les dialogues trop nombreux et les excès de psychologisme, le temps qu’il perd avec le petit côté “découverte de l’Inde” de son film se fait cruellement ressentir. Certes, Riz Ahmed et Freida Pinto sont très convaincants, mais le développement de leur passion aurait nécessité un regard plus centré sur les personnages. Cette faiblesse empêche Trishna d’avoir l’intensité qu’aurait pu lui permettre d’atteindre un tel sujet, mais le talent de Freda Pinto et sa capacité à intérioriser l’évolution de ses sentiments parviennent tout de même à faire de Trishna un film très agréable... mais l’objectif d’une adaptation de Tess of the d’Urbervilles, même libre, est-il d’être simplement agréable?
 

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