Liverpool **½

3 août 2012

Une préposée au vestiaire (Stéphanie Lapointe) entraine bien malgré elle un jeune homme timide qui l’aime en secret (Charles-Alexandre Dubé) dans une folle aventure policière peuplée de déchets à la pelle, de messages facebook et d’une magnifique Fiat 500 décapotable bleue ciel!

Réalisatrice: Manon Briand | Dans les salles du Québec le 3 août 2012 (Remstar)

Liverpool débute comme une petite comédie romantique dont l’héroïne se prend pour une détective de pacotille, avant de se retrouver embarquée dans un thriller. Dans ce rôle de petite provinciale au grand cœur mais un peu naïve, Stéphanie Lapointe (avec qui nous avons été très sévère il y a peu dans notre texte sur La peur de l’eau) est parfaite. Associée à Charles-Alexandre Dubé (également impeccable en anti-héros mal dans sa peau qui est plus à l’aise pour démanteler une organisation criminelle que pour draguer une fille), ils forment un couple très convaincant et parviendraient presque à porter sur leurs frêles épaules le glissement de la comédie romantique vers le thriller.
Malheureusement, Manon Briand peine parfois à trouver le ton juste, et les deux genres antagonistes ont parfois du mal à cohabiter. Malgré cela, le regard qu’elle porte sur les ambiguïtés des conséquences des évolutions technologique sur notre quotidien parvient à diminuer les effets de cette petite faiblesse. En effet, contrairement à certaines idées reçues, l’anti techno qui n’a pas de PC ne communique pas mieux avec les personnes réelles que le geek passant sa vie à échanger avec ses milliers d’amis virtuels. Le regard que porte la réalisatrice / scénariste sur la technologie est également mesuré : la technologie permet de faire de grandes choses (un téléphone portable devient digne d’un gadget à la James Bond des années 60; les réseaux sociaux peuvent jouer un rôle dans la prise de conscience citoyenne) mais il ne faut pas non plus lui vouer une confiance aveugle (pour mobiliser la population avec des tweets, on peut aussi être amené à utiliser des arguments fallacieux, et donc à la manipuler).
Cette volonté de refuser de porter un regard prémâché sur les choses au contact d’une histoire au contraire (volontairement) simpliste parvient à former une petite alchimie certes mineur, mais au charme très agréable.
 

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